lundi 25 mai 2009

Le Président Modibo Kéïta et le Mali : La vision d’un régime socialiste


Histoire (Politique)
Le Président Modibo Kéïta et le Mali : La vision d’un régime socialiste
Le Progrès, 23/05/2009 Commentaires [ 41 ] E-mail Imprimer
Le Président Modibo Kéita avec Khrushcev et Breshnev (Union Soviétique)
Les autorités maliennes ont respecté la tradition le 16 mai dernier en commémorant la disparition du Premier Président du Mali, Modibo Kéïta à travers un dépôt de gerbe de fleurs symbolique sur sa tombe au cimetière d’Hamdallaye. Nous vous proposons ici la vison socialiste de l’homme.

Les événements qui se déroulent chez nous depuis le 18 juillet 1967 ont débouché, répondant ainsi aux vœux longtemps formulés par nos larges masses laborieuses, sur une décision (la première d’une série) dont on ne saurait en quelques lignes seulement souligner suffisamment toute l’importance. Nous voulons parler de la prise en mains des destinées du pays par le Comité National de Défense de la Révolution, décision rendue publique par le camarade Modibo Kéita, secrétaire général de l’Union Soudanaise R.DA, président du Comité de Défense, et accueillie dans un enthousiasme délirant par le peuple qui en a profité pour accepter de faire de cette date mémorable du 22 août 1967 «le début de l’An I de la Révolution Malienne». Les militants révolutionnaires ne pouvaient trouver meilleure réponse ni plus vibrant témoignage de fidélité et de confiance au Parti et en son dirigeant intrépide.

Par cet acte courageux et ferme, révolutionnaire en tous points et surtout correspondant absolument au niveau élevé et solide de la conscience politique et idéologique de notre peuple, nous venons de franchir une étape déterminante qui, non seulement a consacré de la Révolution Malienne la porté historique intangible ainsi que le contenu progressiste populaire et dynamique, mais a asséné un coup mortel -dont nous ne les laisserons jamais se relever-à tous les sceptiques qui, ici ou là, pensaient que les militants de notre glorieux parti avaient encore recommencé «leurs agitations stériles d’enfants turbulents»…ou de «Têtes de Trucs», qu’ils allaient «comme toujours se contenter de se gargariser de discours», de «faire de la diversion» pour cacher…leurs «éternelles difficultés» et escamoter ainsi ce que les détracteurs se plaisent à appeler «le fonds de la question ! Pour eux, le «fond de la question » n’a jamais été autre chose que «les tentatives désespérées des Maliens pour dissimuler soigneusement leur échec», «briser l’accueil chaleureux que les bonnes gens réservent depuis longtemps au retour triomphal (tenez-vous bien) du régime colonial» ! Ces messieurs inaptes à profiter des leçons de l’histoire parlaient déjà, en jubilant, de retour au «libéralisme en matière de ceci ou de cela», d’ouverture par ci ou par là, etc.

A l’heure qu’il est, bien d’illusions nourries dans l’atmosphère des salons modernes se sont donc piteusement efondrées; plusieurs cartes ont été brouillées et de nombreux experts, encore une fois, ne se retrouvent plus dans leurs comptes ambigus. Quant à nous et c’est une habitude que l’on nous reproche avec amertume-nous veillerons plus que jamais à ce que nul calculateur ne puisse impunément poser ni résoudre aucune équation fantaisiste sur le sort de notre peuple. Que nos adversaires restent donc simpiternellement victimes de leurs chimères, de leurs manœuvres machiavéliques ! Aussi continuerons-nous toujours à mettre au défi quiconque, tant parmi les réactionnaires maliens que parmi leurs homologues ou maîtres à penser de l’extérieur, de pouvoir jamais nous prouver que le Mali n’est pas majeur, qu’il est impossible à son peuple d’être lui-même l’artisan de son histoire ?

A tous, nous répétons que le Mali n’est pas né d’hier, lors même est considéré comme un pays sous «développé» ! Nous savons par exemple que lorsque nous construisons le mausolée des Askia en 1492, bien de frères et puissantes nations du monde actuel n’étaient pas encore… nées, plusieurs ne pouvaient présenter à l’époque une civilisation et une culture humaniste comparables aux nôtres. Qu’ils se détrompent donc, tous ces aventuriers de l’esprit qui s’attendent à des «dissensions tribales ou claniques», autour du « totem sacré» en République du Mali.

Bien sur, les commentaires pleuvent. Les « experts en questions africaines », et parmi eux les « spécialistes des question maliennes » ont repris leur plume. Comme il est facile de gagner de l’argent en dupant les hommes, en suscitant des « tensions artificielles » ! Hélas, il existe des experts et des puissances qui ne sauraient subsister, d’allumer des incendies pour vite appeler les pompiers. Les jeunes Etats africains ne cesseront pas de sitôt de bouleverser bien des pronostics savants formulés devant la bouche béante des coffres-forts. Il est temps que notion du « sous développement » soit entièrement révisée, en l’enrichissant cette fois de son aspect spirituel. Nous parions que dans ce cas, beaucoup d’ Etats « arriérés « d’ Afrique et du tiers Monde enverraient de l’ assistance technique de grande valeur un peu partout en dehors de leur univers.

La révolution Malienne ira de l’avant. Notre peuple est debout aujourd’hui dans une mobilisation et une confiance telles qu’il n’en avait jamais pu réaliser auparavant, en tout cas avec autant d’intensité et de volonté d’ aller encore plus de l’ avant ! Nous faisons le serment de prêter main forte au Comité de Défense de la Révolution dans l’accomplissement de sa noble et exaltante tache d’assainissement général et de révolution nationale.

Nous saluons la décision historique qu’il vient de prendre et qui comble les vœux de tous les militants honnêtes et engagés de l’union soudanaise R. D.A. Nous nous associations aux nombreux messages qui continuent d’affluer à son siège pour soutenir hardiment son action révolutionnaire. Nous l’assurons du soutien inconditionnel du peuple, pressé de le voir aller jusqu’au bout. L’épuration entreprise doit être large et profonde pour expirer définitivement de nos rangs tous ceux qui se sont compromis d’une manière ou d’une autre et ne font plus l’affaire du peuple. Or il y en a beaucoup, à tous les niveaux et dans toutes les organisations ! C’est à ce seul prix que nous pourrons aller de l’avant.

Mais il est indispensable aussi que nous attirons l’attention des militants de base sur le fait que c’est à leur niveau que se situe la plus grande responsabilité. Ils doivent opérer sans préjugés, sans calomnies, sans calculs et surtout sans sentiments ! Ainsi les coopérateurs se changeront de dénoncer les camarades qui trafiquent avec leurs biens en assemblées générales et sans peur ! Les militants des plus petits comités de nos organisations démocratiques et des secteurs de l’Etat oeuvreront loyalement et sans répit à isoler les malhonnêtes. Il ne s’agit plus de parler en vase clos ; il n’est plus question de créer et d’entretenir des « coalitions d’intérêts »au sien du parti et des autres organisations démocratiques et populaires. Nous sommes en l’An I de la Révolution Sociale, Démocratique et Populaire, et ce serait un crime que de placer encore l’Union Soudanaise devant un futur congrès alourdi de tractations comme celui de 1962 ! Nous n’anticipons sur rien du tout en disant cela, mais nous voulons, nous exigeons en vérité un parti sain, épuré de tous ceux qui hésitent devant l’opinion socialiste ; nous ne nous contenterons plus de dirigeants clamant le « socialisme » mais sans s’enlisant dans la bourgeoisie.

L’attitude du Comité National de Défense de la révolution doit être l’image exacte de celle à adopter nécessairement par les militants des sanctions ou des responsables de la même conscience féodale, bourgeoise et réactionnaire se son t implantés en fendant la main à leurs homologues de l’ancien Bureau Politique National dissous à la satisfaction du peuple. La seul épuration au sommet serait insuffisante et dès lors, dans la mesure ou nous avons le devoir impérieux de l’aider sans détour à redresser le parti et les Institutions de l’Etat, de le soutenir énergiquement dans sans tache d’assainissement de nos organisations démocratiquement et populaires.

Que soient définitivement balayés par la tempête de la Révolution tous ceux qui sur le plan politique ou administratif, ont confisqué le pouvoir du peuple et l’ont retourné contre lui ; que dès maintenant le Comité National de Défense de la Révolution examine en détail toutes les questions indispensables. Néanmoins, il demeure plus que jamais certain que seuls les militants de base auront le dernier mot, bref le peuple ! Donc ce sera tant pis pour ceux-la qui par sentimentalisme, concentreront encore plusieurs pouvoirs à la fois entre les mains de camarades qui se sont déjà avérés incapables, au niveau des sections à l’ intérieur du pays, de défendre les intérêts du peuple sans les confonde avec les leurs propres !

Nous réaffirmons notre solidarité entière et militante avec la mission historique confiée au Comité National de Défense de la Révolution. La Révolution Malienne triomphera et nous ne ménagerons rien pour assurer sa victoire totale et rapide pour qu’enfin notre pays libéré des poids inutiles, aille de l’ avant, à un rythme qui n’ a de comparable que la volonté et la combativité de notre vaillant peuple toujours fidèle à lui-même.

Notre grand bon actuel doit être suivi d’autres bonds encore plus sûrs et efficaces. Voila ce que nous voulons.

(Editorial paru dans l’ESSOR du 4-9-67) - Le titre est de la Rédaction
Le Progrès, est seul responsable du contenu de cet article
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Vos commentaires
41 réactions (2 en attente de modération) > 1 2
Posté par gino, le 25 May 2009 17:43:33 GMT
kwane est un garçon lucide et qui n'a pas la mémoire sélective.monsieur
modibo kéita ce président non élu a envoyé ses opposants face au peloton
d'exécution,à la suite d'une parodie de justice,un tribunal populaire
qui ne figure nulle part dans notre arsénal judiciaire de 1962,fait
aggravant,ce tribunal dirigé par le numéro deux du régime communiste de
monsieur modibo kéita.n'en déplaise à ses thuriféraires,cet homme a été
le premier dirigeant de ce pays,à utiliser les pelotons d'exucutions
contre ses opposants.je n'aurai pas la cruauté de dire comment il a
fini... son communisme n'existe plus, même dans ces pays qui ont inventé
ce fléau.l'histoire se venge.

Répondre à < gino >
Posté par DOUNAN, le 25 May 2009 17:17:34 GMT
UN PEUT DE RESPECT ET DE CONSIDERATION POUR LE PERE DE DE L INDEPENDANCE
. ON PEUT JAMAIS FAIRE D HOMOLETE SS CASSER DES OEUFS. ET COMME UN
TAILLEUR IL NE FAIT COUD JAMAIS SANS COUPER EN COUPONS . VIVE MODIBO

Répondre à < DOUNAN >
Posté par kwane, le 25 May 2009 16:06:38 GMT
AHMADOUNE DICKO , FILY DABO ET KASSOUM TOURE REST IN PEACE.

Répondre à < kwane >
Posté par kwane, le 25 May 2009 15:51:33 GMT
LE TYRAN MODIBO KEITA a massacre les maliens dans l'enfer de kidal.
n'oublions pas que c van morisson keita qui a cree la prison de kidal et
taoudeni juste pour faire souffrir .... kel nationnalite? les maliens
.nbafo piannnnnnn epuiiiiiiiiiiiiissssssss modibo etait le benis oui oui
sekou toure.(a ne pas oublier)

Répondre à < kwane >
Posté par samakeba2, le 25 May 2009 15:47:43 GMT
Je suis un Pionier de Pere Modibo Keita. Il était un Président, car sa
première des choses était La PATRIE, les Jeunes, les Femmes et le reste
des citoyens. Son seul problème, sinon son défaut était qu'il était en
AVANCE SUR SON PEUPLE. Sa politique extérieure était excellente, mais
sa politique interieure tardait à se remettre sur la selle, compte tenu
de plusieurs pesanteurs.Il avait une grande confiance à son entourage
qui le trahissait à tout moment. Les excès de la Milice Populaire et
certains Brigadiers de Vigilance, mélangés à une famine interne;ont
favorisé l'avènement du CMLN.

Répondre à < samakeba2 >
Posté par kwane, le 25 May 2009 15:45:01 GMT
LE SANGUINNAIRE MODIBO KEITA ,a cree le bagne mouroir de taoudeni (
dou's tu p aboyer autant k tu v)la roue de l'histoire tourne

Répondre à < kwane >
Posté par homme debout sabre au clair, le 25 May 2009 14:37:40 GMT
il faut que nos historiens se penchent sur cette partie de notre passé
pour en sortir les faits et permettre une meilleure compréhension des
différents évenements.

Répondre à < homme debout sabre au clair >
Posté par DOUDOUBA, le 24 May 2009 21:35:11 GMT
J'ai du respect pour tous les presidents de mon cher MALI .Je suis de
1968 mais j'ai appris de la part de certains anciens que les maliens en
avaient marre du regime de MODIBO,parceque ce monsieur avait commencer a
exterminer ,a diviser et a humilier les MALIENS et que les 23 ans de
pouvoir de MOUSSA sont dus aux BENEDICTIONS qu'il a recu de la part des
femmes du MALI accroupi a genou en ce jour du 19 novembre 1968.J'ai
appris aussi que PAPA MODIBO etait au courant du coup d'etat mais qu'il
ne pouvait rien pareceque DIEU etait du cote du peuple MALIENS de la
meme maniere que PAPA MOUSSA ne pouvait rien contre le 26 mars 1991.


Réponse de < Ere Dj. > à < Ere Dj. >, le 24 May 2009 21:58:51 GMT
DOUDOUBA, j'apprecie ton honnetete, mais lis bien ce que KINGUIRANKE a ecrit pour te repondre.

Répondre à < Ere Dj. >
Réponse de < Ere Dj. > à < kinguiranke >, le 24 May 2009 21:56:25 GMT
THANK YOU KING, YOU HAVE MADE MY DAY. THANKS. Sur ce, je retourne a mon na songon gnini.

Réponse de < kinguiranke > à < DOUDOUBA >, le 24 May 2009 21:42:57 GMT
DOUDOUBA, un pays se construit dans la douleur et non la mandicite, un peuple doit compter sur soi-meme avant de compter sur l'aide des autres. C'est la difference entre Modibo et les autres. Modibo voulait faire cosntruire le Mali par les malens eux-memes, apporter le changement necessaire pour une Mali egalitaire et prospere et enfin etre un peuple fier qui croit au merite et au travail. A vous de juger de quel cote est votre Dieu.


Posté par Dou's, le 24 May 2009 16:02:25 GMT
Mon cher Kwane,il est tres important de bien reflechir avant de poster
sur un si populaire website qu'est maliweb.net des commentaires d'un
niveau aussi bas, "MODIBO KEITA le sanguinnaire ,pere fondateur de la
tuerie malienne. Modibo keita fut le 1er malien a tue les maliens . a
ne pas oublier." Une revision de l'histoire de notre pays s'impose a
votre niveau. Sachez mon cher qu'a certains moments de la marche
historique d'un peuple, une epuration d'elements vereux et
anti-revolutionnaires devient une necessite' imperieuse. Quelle
revolution au monde n'est pas passe' par-la? Francaise, Americaine,
Bolchevic, etc..?Ces pages ne me permettent pas de vous donner des
elements de references pour le futur, afin de vous eviter de tomber
aussi bas.Le peuple fier et conscient du Mali est capable de faire une
analyse objective de son histoire socio-politique.


Réponse de < vigilance > à < Dou >, le 24 May 2009 17:45:26 GMT
Dou's, merci pour cette recette á une approche objective des événements historiques. Ca fera du bien á certains tarés.Merci!

Répondre à < vigilance >

Posté par Dou's, le 24 May 2009 15:40:37 GMT
Je ne pourrais rester indifferent a certains commentaires sur le regime
Modibo. J'etais encore jeune, et meme tres jeune, mais sous le guide de
responsables politiques dignes de ce nom, j'avais et continuais a
recevoir une foormation socio-politique qui me preparait a etre un
citoyen conscient et devoue'. Apres Modibo, que c'etait-il passe', un
regime guide' par des mediocres affames de pouvoir et du gout de
l'enrichisment sur le dos de mon peuple. Nous avions commence'
l'apprentissage de la malhonnete', du vol, de l'insouciance...le malien
commencait a degrincoller dans le precipite de la deperdition, du
laissez-aller, du manque de civisme. Alpha et ATT n'ont fait qu'enfoncer
l'epee dans la plaie. Modibo n'a pas tue', il n'avait fait qu'une
epuration des mauvaises graines, et en revolution cela est neccessaire.
L'histoire politique nous edifiera sur les realites intournables de
notre progres commun.Comparons les annees 1960-68 a nos jours,et ainsi
meditons.


Réponse de < BERNARDYV > à < Dou >, le 25 May 2009 07:00:37 GMT
N'ka tiè, a tè tèmè i ka folen kan, tu as exactement livré mon avis. Vingt trois ans de pouvoirs rien de bon seul acquis "négatif" pour ce regime, le chemin au vol du bien public, à la pauvrété, la vie facile, l'indifférence aux problèmes du pays a été très bien balisé.

Répondre à < BERNARDYV >



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