vendredi 30 janvier 2009

Crise du Trésor Public Malien : Les causes, les prétextes et les non-dits

Entre nous
Crise du Trésor Public Malien : Les causes, les prétextes et les non-dits
Le Challenger52, 30/01/2009 Commentaires53 [ 8 ] 54 E-mail55 56 Imprimer57

La crise financière mondiale n'avait pas besoin de s'inviter au débat au Mali. Au risque de provoquer un drame d'ampleur apocalyptique qui n'aurait rien à envier à celle du napalm déversé sur Hiroshima et Nagasaki. Car, depuis longtemps déjà, une crise aux multiples visages et aux mêmes conséquences sévit, ici, de façon endémique : celle qui affecte le trésor public malien.

L'Etat malien, c'est connu, est le principal client des commerçants et autres prestataires. En atteste la ruée permanente vers ses structures du monde des affaires : qui pour un marché de fournitures de matériel plus ou moins entièrement livré, qui pour un marché de prestation de service plus ou moins correctement exécuté. Ainsi, la vache laitière a nourri et fait le bonheur de plus d'un et le nombre de personnes n'a cessé de croître au fil du temps.

Mais a commencé à devenir mauvais payeur. Et, de plus en plus au niveau du trésor public, c'est le pis aller. Tout le monde se plaint, comme dirait l'autre. Même dans les départements ministériels, on n'hésite pas à vous parler des difficultés d'obtenir les crédits de fonctionnement. Dans certains départements ministériels, c'est la paralysie totale : pas de carburant, pas…d'argent pour même faire tourner l'administration. Devant les bureaux de certains directeurs administratifs et financiers communément appelés Daf, c'est des queues interminables…Cependant, tous ceux qui attendent n'ont généralement pas gain de cause, car le seul mot qui vaille pour le moment est l'insolvabilité du trésor public.

Ce n'est pas le vérificateur général qui dirait le contraire : ''Le pays connaît des problèmes de trésorerie depuis un certain temps. Il y'a un retard systématique dans les payements au trésor…Par exemple, c'est le 31 décembre 2007 que l'Etat a fini de verser notre budget de 2006. Et, à ce jour, 2007 n'a pas été payé...'' a martelé Sidi Sosso Diarra lors de sa récente conférence de presse.

Nombreux sont les opérateurs économiques qui ne sont pas loin de mettre la clé sous le paillasson tant ''les paiements se sont de plus en plus espacés, raréfiés et les fois où l'on paie, c'est la portion congrue et même pas pour tous les ayants-droits.'' Nous confie, amer, un de nos dynamiques opérateurs qui, cependant tire le diable par la queue du fait de cette situation. Comme tant d'autres, il n'a même plus de fonds de roulement et se voit contraint de prendre son mal en patience avec l'hypothétique espoir de rebondir un jour. ''Si nous ne travaillons pas, l'Etat lui-même va finir par s'arrêter car c'est si nous vivons de lui, l'Etat aussi vit de nos activités, de nos prestations, de nos droits et taxes…'' La quadrature du cercle quoi !

Depuis quelques années, et sans doute à cause de la conjugaison de plusieurs facteurs, le trésor public peine à désintéresser ses multiples créanciers. En effet, depuis 2002, on égrène un chapelet d'impondérables pour tenter de justifier les difficultés qui assaillent notre quotidien : la crise ivoirienne, la crise acridienne, la mauvaise répartition des pluies, la crise de l'or blanc, la crise de l'or authentique et, plus récemment celle de l'or noir.

L'on a invoqué l'impact sur les recettes douanières des exonérations douanières sur des denrée de première nécessités ou de large consommation comme le riz, la farine, les hydrocarbures.

L'on a déploré le manque à gagner occasionné par l'incivisme fiscal. Nous ne gaspillerons pas notre encre à épiloguer longtemps sur la corruption et tous ces cas de délinquance financière, quand bien même le sujet demeure à l'ordre du jour. Ne s'apprête-t-on pas, une fois de plus, à faire sortir l'argent du contribuable pour concevoir une stratégie (on en est là encore) afin de combattre la ''bête immonde''.

Il paraît aussi que la crise délibérément créée et entretenue par des supposés rebelles qui ont méprisé toute autre voie de revendication que la violence a un coût que le paisible contribuable doit également supporter. Dans ce cas, il faudrait que ceux qui détiennent les leviers du pouvoir arrêtent avec l'amalgame (car combattre des bandits n'est pas synonyme de guerre) et la valse -hésitation pour mettre un terme à une situation aussi inutile que budgétivore. Ah, vous avez dit budgétivore ? Entre nous, que pensez-vous du train de vie de l'Etat malien, organisateur devant l'éternel de cérémonies solennelles pour peu ou prou ? A vrai dire, si les princes du jour ne retiennent pas les choses de ce côté-là, alors ne soyez point surpris de la présence au sein du futur gouvernement d'un ministre en charge de l'Ambiance et des réjouissances !!

Alhassane H. Maïga
Le Challenger58, est seul responsable du contenu de cet article
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Vos commentaires
Posté par konanke45, le 30 Jan 2009 16:03:29 GMT
le budget devrait etre geré en bon perede famille
Répondre à < konanke45 >59
Posté par krimaute, le 30 Jan 2009 13:23:20 GMT
"La médiocrité ne peut engendrer que la médiocrité"
Répondre à < krimaute >60
Posté par axsam, le 30 Jan 2009 12:35:30 GMT
Bien sur que c'est la crise mondiale financiere. Le operateurs du Credit
a travers monde sont affaires a faire des reajustments: Les Etats Unis,
La France, La Chine, L'Angeterre, L'Allemagne... Les grands financiers
sont tous en train d'essayer de stabiliser la situation. Qu'est ce se
passe avec le Tresor public Mali? Qu'est ce que l'Afrique fait face a
cette situation? Rien absololument rien. On observe et on raconte du
n'importe quoi a nos nationaux et on attend les bailleurs de fonds!
C'est vraiment dommage. La realite reste a savoir!
Répondre à < axsam >61
Posté par Papichou, le 30 Jan 2009 09:09:17 GMT
Le plus ignoble dans toute cette affaire de crise internationale ou de
trésorerie c'est que l'Etat fait comme si de rien n'était. Insouciance
ou incapacité ou même malhonnêteté????? Aidez-moi s'il vous plaît! En
attendant; God bless Maliba!

Réponse de < ministre > à < Papichou >, le 30 Jan 2009 14:08:04 GMT
Mon frère ne vous fatiguez pas pour rien. On peut utiliser tous les superlatifs pour exprimer ce désaroi général. Rien n'y à faire. Nos dirigeants s'en moquent. Et ç'a toujours été comme ça.
Répondre à < ministre >62

Posté par Once, le 30 Jan 2009 00:35:10 GMT
1) il faut aligner le prix du carburant au cours du pétrole c'est dire
70% de remise au lieu du 5% actuel, il en va du pouvoir d'achat de tout
le monde (gouvernant,gouvernés et même les pétroliers qui sont eux aussi
consommateurs d'autres produits dont le prix depend du prix du
carburant) 2)l'état vit au dessus de ses moyens c'est sûr mais les
gaspillages y sont pour beaucoup. 2)les fonctionnaires sont les premiers
ennemis du pays.

Réponse de < Nouma > à < Ere D. >, le 30 Jan 2009 11:56:18 GMT
Qui des gouvernants paye son carburant? On voit dans les stations d'essence des bons d'essence avec les nana et autres liens incongrus tirés de la consommation de l'Etat. le jour où on aura notre pétrole et notre raffinerie, soit sûr qu'on va payer le litre d'essence à plus de 1000Fcfa. Nous sommes en train de récolter le prix de l'initiative riz de son Excellence pm. Au lieu d'avoir le riz à moins de 250f le kg, nous l'avons toujours entre 350 à 400F.
Répondre à < Nouma >63
Réponse de < Ere D. > à < Once >, le 30 Jan 2009 01:03:16 GMT
Encouragez le Mali a construire sa raffinerie de petrole, il pourra ainsi maitriser le prix a al pompe, pas avant. Dommage mais c'est comme cela

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