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Le roi accepte la démission de Leterme et du gouvernement
Lundi 22 décembre 2008
Le roi Albert II a accepté la démission du Premier ministre et de son gouvernement. Yves Leterme a présenté vendredi sa démission après la publication d'un rapport accusant son équipe de pressions sur la justice dans l'affaire Fortis.
Reuters - La Belgique se cherche lundi un nouveau Premier ministre pour sortir de sa troisième crise politique en un an, doublée aujourd'hui du spectre de la récession économique.
Yves Leterme a écarté tout retour à la tête du gouvernement après sa démission vendredi, consécutive à la publication d'un rapport de la Cour de cassation accusant son équipe d'avoir exercé des pressions sur la justice pour lui faire valider son plan de renflouement de la banque Fortis
Le roi des Belges, Albert II, a accepté sa démission lundi en le chargeant d'expédier les affaires courantes.
Pour beaucoup de commentateurs, Jean-Luc Dehaene, Premier ministre de 1992 à 1999, tient la corde pour diriger un gouvernement intérimaire jusqu'à juin 2009, date à laquelle pourraient coïncider des élections législatives avec les élections régionales et européennes.
L'actuel président du conseil d'administration du groupe bancaire Dexia est prêt à diriger un nouveau gouvernement, indique une source proche de son entourage.
"Il a déjà fait beaucoup de choses pour Dexia et si un nouveau défi s'ouvrait à lui il n'hésiterait pas", a affirmé cette source récemment mise au fait de ses intentions.
"Il y a de grandes chances que ce soit Dehaene", renchérit Carl Devos, politologue à l'université de Gand. "Il a l'expérience, il a été Premier ministre et il serait un gestionnaire de crise efficace."
Un programme chargé
Le programme du successeur d'Yves Leterme s'annonce très chargé. Le gouvernement doit encore défendre au Parlement un plan de relance de l'économie, menacée de récession au quatrième trimestre. Il lui faut aussi trouver des accords sur les salaires et une issue à la saga Fortis, premier employeur du secteur privé belge.
Les actionnaires de la banque belgo-néerlandaise, dont l'action a chuté à environ un euro contre près de 30 en avril 2007, ont obtenu que la justice bloque le rachat des activités belges de Fortis par BNP Paribas. Ils réclament que le plan de sauvetage soit renégocié.
Jean-Luc Dehaene, 68 ans, est devenu en octobre le président du conseil d'administration de Dexia après le sauvetage par les pouvoirs publics de l'établissement franco-belge.
Mais s'il figure parmi les candidats les plus probables, les libéraux flamands émettent des réserves, jugeant son ancrage trop à gauche.
D'autres successeurs possibles sont le président de la Chambre des représentants, Herman Van Rompuy, l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt, et deux outsiders, le ministre des Finances Didier Reynders et la chef des démocrates-chrétiens flamands, Marianne Thyssen.
Cinq partis forment la coalition au pouvoir - les libéraux et démocrates-chrétiens du nord et du sud du pays auxquels se sont alliés les socialistes francophones.
La Belgique enchaîne les crises politiques depuis les élections législatives du 10 juin 2007, dont Yves Leterme, un démocrate-chrétien flamand, est apparu comme le grand vainqueur.
Après six mois de crise, le roi Albert II avait renommé en décembre et pour trois mois le libéral flamand Verhofstadt, Leterme n'ayant pas réussi à former une équipe.
Yves Leterme avait fini par prendre la tête du gouvernement en mars 2008 mais il avait à nouveau présenté sa démission quatre mois plus tard, en juillet, après s'être trouvé dans l'incapacité d'obtenir un accord entre les formations néerlandophones réclamant des pouvoirs accrus pour les Flandres et les francophones qui redoutent un éclatement d'un Etat vieux de 178 ans. Albert II avait alors refusé son départ.
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