lundi 17 novembre 2008

Arrestation du chef présumé de la branche militaire de l'ETA

ETA34 - terrorisme35
Arrestation du chef présumé de la branche militaire de l'ETA

Lundi 17 novembre 2008
Le chef présumé de l'appareil militaire de l'organisation indépendantiste basque ETA, Miguel De Garikoïtz Asiazu Rubina, dit "Txeroki", a été arrêté dans les Hautes-Pyrénées. Il est soupçonné d'avoir tué deux policiers espagnols en 2007.

Par AFP36 (texte) / Julien FANCIULLI37 (vidéo)

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Le chef présumé de la branche militaire de l'ETA "Txeroki", arrêté dans la nuit de dimanche à lundi en France, symbolise la jeune génération radicale qui a pris un pouvoir croissant ces dernières années au sein du groupe indépendantiste basque armé.

"Txeroki" était l'un, sinon le membre le plus recherché de l'organisation clandestine, tenue pour responsable de la mort de 824 personnes en 40 ans de violences pour l'indépendance du Pays Basque.

Né le 6 juillet 1973 à Bilbao, Miguel De Garikoitz Aspiazu Rubina, de son nom de guerre "Txeroki", aurait pris fin 2003 la tête des commandos de l'ETA, dont il est réputé incarner l'aile dure, hostile au dialogue avec Madrid.

La police espagnole estimait qu'il se trouvait en France depuis plusieurs années.

L'unique photo connue de lui, prise il y a quelques années, montre un jeune homme au visage fin et au regard déterminé, avec une barbe de trois jours, des cheveux bruns bouclés le long de la nuque, un anneau à l'oreille gauche.

Alors qu'il avait une vingtaine d'années, "Txeroki" a fait ses premières armes dans la "kale borroka", la guérilla urbaine orchestrée au Pays Basque espagnol et en Navarre par les jeunes radicaux proches de l'ETA, qui s'en sert de vivier de recrutement.

Le jeune loup intègre ensuite le commando "Vizcaya" au début des années 2000. Puis il est formé par la chef des commandos, Soledad Iparragirre Genetxea, "Anboto", arrêtée en octobre 2004 lors d'un vaste coup de filet policier en France, avec son compagnon, le chef politique présumé, Mikel Albizu Iriarte, dit "Antza".

Ses deux premières actions en tant que chef des opérations "militaires" sont des échecs: un fourgon bourré de 500 kilos d'explosifs est intercepté deux semaines avant les législatives de mars 2004, et un plan pour assassiner le roi Juan Carlos à Majorque cette même année ne peut être mis à exécution.

Mais depuis, l'ombre de "Txeroki" plane sur tous les opérations du groupe armé, notamment le puissant attentat de l'aéroport de Madrid, qui a fait deux mort le 30 décembre 2006.

Cet attentat commis en plein "cessez-le-feu permanent" de l'ETA, sans annonce préalable, avait conduit le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero à mettre fin à sa tentative controversée de solution négociée du "conflit basque".

Les médias espagnols y ont vu la signature de "Txeroki" et le résultat de l'ascendant qu'il aurait pris au sein de la direction collégiale de l'ETA sur son chef politique, l'"historique" Josu Ternera (de son vrai nom José Antonio Urruticoechea Bengoechea), enclin lui à la négociation.

Rapidement après le "cessez-le-feu permanent" du 22 mars 2006, Txeroki aurait exigé du gouvernement socialiste une feuille de route précise avec la légalisation du bras politique de l'ETA, Batasuna, selon des informations du journal conservateur ABC.

Loin de baisser les armes, "Txeroki" aurait profité de la trêve pour mettre en place une "nouvelle ETA", avec de jeunes recrues issues de la kale borroka, afin d'éviter les "infiltrations" et de revigorer sa branche armée.

Le vol de 350 pistolets à Vauvert dans le sud-est de la France, en octobre 2006, avait tenu lieu de mise en garde de la part de "Txeroki" face à un processus qui piétinait trop à son goût.

L'attentat meurtrier du 30 décembre a signé la rupture véritable de la trêve, avant même le communiqué officiel de fin de trêve, diffusé six mois plus tard, en juin 2007.

Txeroki est également soupçonné d'être l'auteur des meurtres des deux gardes-civils espagnols à Capbreton (Landes, sud-ouest) le 1er décembre 2007, froidement abattus par balles par trois membres de l'ETA à la sortie d'une cafétéria alors qu'ils effectuaient une mission de renseignement.

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