
Grève des écoles privées : Une décision contestée par certains promoteurs
10 October, 2008 10:05:00 SOIR DE BAMAKO DU 9 OCT. 08
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image Ecole Malienne, écoles privées
Le 6 Octobre 2008 a vu la reprise officielle des activités scolaires du Fondamental au titre de l’année 2008-2009, sur toute l’étendue du territoire national. Quant au Secondaire, sa rentrée est prévue au 13 Octobre. Mais déjà, des problèmes ont commencé à surgir un peu partout, en dépit de la reprise effective des cours à travers tout le pays.
Le problème concerne aujourd’hui la situation qui prévaut dans les écoles privées : leur association a décidé de décréter une grève illimitée, jusqu’à satisfaction totale de ses revendications. En effet, selon leur président, M. Rémy Doumbia, le ministère leur doit environ 2 milliards de FCFA d’arriérés sur les subventions de l’année scolaire écoulée.
L’on se rappelle que l’année dernière, ces mêmes écoles privées avaient décrété une grève d’une semaine. Finalement, cette grève avait été interrompue au bout de deux jours, car un accord avait été convenu entre les deux parties. Du coup, une partie des subventions avait été accordée aux écoles respectant les critères établis.
En principe, c’est ce protocole d’accord qui devrait être pris en compte pour la suite de cette année. Mais à la surprise générale, et au grand dam des parents d’élèves et même de certains promoteurs, on apprend que l’Association des Promoteurs d’Ecoles Privées vient de décréter une grève illimitée. Mais cette décision jugée “extrême” n’a pas été du goût de certains promoteurs qui ont décidé de ne pas suivre le mot d’ordre de grève.
Parmi eux, le promoteur du Lycée Arafa, sis à Daoudabougouo, M. Moussa Maïga. “Je ne suis pas contre les revendications qui sont légitimes et reconnues par l’Etat. Mais franchement, je suis contre une décision extrême. Moi personnellement, j’ai décidé de reprendre les cours le lundi prochain”, a-t-il déclaré, avant d’ajouter : “Ce qui me préoccupe surtout, c’est que le ministère de l’Enseignement Supérieur puisse effectuer les orientations des élèves admis au D.E.F., tout en espérant que certains seront orientés à mon lycée“.
Même son de cloche chez certains promoteurs situés sur les rives droite et gauche, mais qui ont préféré garder l’anonymat. Aux responsables de l’association, on reproche souvent de ne pas se soucier de l’intérêt général, mais seulement du leur. “Pour moi, les responsables ne sont pas conséquents avec eux-mêmes. Qu’ils sachent que nous ne sommes pas des marionnettes, bien que nous soyons des militants. Une fois la grève décrétée, il suffit qu’on leur donne un peu de sous, et on les voit retourner leur veste “, a fustigé un autre promoteur.
Pour Moussa Maïga du lycée Arafa, lui, estime qu’il revient au ministère d’être rigoureux sur le choix des critères de ces écoles privées. “Tout le monde n’est pas habilité à créer des écoles. A voir certaines d’entre elles, on a de la peine à le croire, tant leurs infrastructures ne sont pas appropriées à l’éducation. C’est un constat amer. Et c’est vraiment triste de voir cette situation entretenue par l’Etat“, a-t-il déploré.
Toujours selon Moussa Maïga, les promoteurs ne doivent pas tout attendre de l’Etat. “Certains en ont fait un fonds de commerce, car ils bénéficient de complicités au sein de l’Etat pour décrocher certaines subventions et disparaître ensuite. Je suis convaincu que si l’Etat s’y met, on verra plusieurs écoles privées fermer, car elles ne répondent à aucun critère d’existence”, a-t-il souligné.
“Ces subventions sont des appoints pour nous aider à surmonter certains problèmes. Moi personnellement, je n’ai pas eu de problèmes, car c’est sur fonds propres que j’ai pu payer tous mes dix professeurs l’année dernière et assurer le fonctionnement de mon lycée. Malheureusement, au Mali, on ne récompense pas les plus méritants. Ce qui encourage la médiocrité et cette anarchie au sein de l’éducation. C’est déplorable, vraiment...”, a-t-il ajouté.
Et ce conclure : “Quoi qu’il en soit, j’ai décidé de commencer les cours le lundi prochain, car j’ai décidé de m’investir dans l’éducation. C’est intéressant et souhaitable d’avoir ses sous avant la rentrée. A défaut de cela, la vie continue. J’espère que le ministère de l’Education fera des efforts pour nous remettre dans nos droits d’ici la fin du 1er trimestre“, a-t-il conclu.
C’est constater finalement que de plus en plus, des voix commencent à s’élever pour protester comme la manière revendicative des responsables des écoles privées. En plus de Moussa Maïga, d’autres promoteurs en appellent au ministre pour le bon suivi de l’utilisation de ces subventions promises par l’Etat, afin d’éviter toute perturbation.
Sadou BOCOUM
Source: SOIR DE BAMAKO DU 9 OCT. 08

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