dimanche 28 septembre 2008

États généraux sur la lutte contre la corruption; Les concertations régionales démarrent


35L'Etat36 : États généraux sur la lutte contre la corruption; Les concertations régionales démarrent
le 26/9/2008 10:05:52


Les conclusions de ces assises seront versées aux dossiers soumis au débat national. Notre pays prépare activement les état généraux sur la lutte contre la corruption et la délinquance financière.



C'est dans ce cadre que les concertations régionales du district de Bamako sur la question ont débuté hier. La cérémonie d'ouverture de ces assises était présidée par le gouverneur du District, Ibrahima Féfé Koné.

La rencontre se déroule au Centre international des conférences. Elle s'est ouverte en présence de Modibo Kéïta, le président du comité préparatoire des états généraux sur la corruption et la délinquance financière, de Adama Sangaré, le maire du District, et des procureurs des tribunaux des 6 communes de la capitale.

Durant trois jours, les participants à cette rencontre vont débattre du phénomène de la corruption et de la délinquance financière pour en cerner tous les contours et les manifestations. Ils proposeront des solutions pour l'enrayer où à défaut, l'atténuer.

Le gouverneur du district a souligné la difficulté et la délicatesse de l'exercice tant le phénomène a atteint des proportions importantes dans notre société, tant il s'est installé dans les moeurs de la vie administrative. Évoquant l'adage qui fait de l'habitude une seconde nature, Ibrahima Féfé Koné a noté que la corruption et la délinquance financière se confondent avec la notion de service public dans nombre de pays dont le nôtre. C'est pourquoi dès les premières heures de l'indépendance, les pouvoirs publics ont initié des mesures propres à empêcher le phénomène de prendre corps dans notre administration.
Au nombre des actions engagées depuis lors, figurent la création de l'Inspection générale de l'administration et des affaires économiques et financières, du Contrôle général d'État, des inspections dans les départements ministériels, de la CASCA, du Pool économique et du Bureau du vérificateur général.

"Autant le phénomène est général et complexe, autant les solutions envisagées pour l'enrayer pourront être nombreuses et variées. Les présentes assises doivent être à mesure de faire un bon diagnostic et de proposer une bonne thérapie à cette préoccupation des plus hautes autorités", a indiqué Ibrahima Féfé Koné. À l'appui de sa démonstration, il a cité un passage du message à la nation du président de la République à l'occasion du 22 Septembre dernier : "lorsque l'essentiel est en cause, à savoir la stabilité politique et la cohésion nationale, notre peuple sait faire front dans un élan unitaire".

Modibo Kéïta, le président du comité préparatoire des états généraux sur la corruption et la délinquance financière, a relevé la dimension pédagogique que le gouvernement entend donner à la lutte contre la corruption et la délinquance financière en ouvrant cet espace d'échange et en instaurant ce débat national. Cette démarche vise le renforcement de la prise de conscience et l'émergence dans le public, de réflexes incitant les usagers à exiger partout des prestations de services de qualité, dépouillées du subjectivisme, du népotisme, de la cupidité.

La manifestation du phénomène est connue de tous, a-t-il estimé en pointant "l'attitude du fonctionnaire qui s'attend toujours à une rétribution de la part de l'usager en contrepartie d'un service rendu, fut-il un service public gratuit, les conditions de passation des marchés publics et d'admission à certains examens et concours, les tracasseries exercées sur certaines catégories socioprofessionnelles". "Le phénomène a gagné du terrain et s'est généralisé à tel enseigne que ses produits sont devenus la rétribution principale et le salaire, la secondaire", a regretté Modibo Keita.

Durant les concertations, les participants s'exprimeront librement sur la corruption et détailleront constats, observations et propositions. Les conclusions qui émaneront de ces assises seront versées aux dossiers soumis à examen lors du débat national.

S. DOUMBIA

Source: L' Essor
http://www.maliactu.net/modules/news/article.php?storyid=1251

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