samedi 27 septembre 2008

Exercice démocratique au Mali : Le mérite d’ATT


Exercice démocratique au Mali : Le mérite d’ATT
26 September, 2008 06:02:00 LE SOIR DE BAMAKO DU 26 SEPT. 08
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image ATT

L’avènement démocratique au Mali a été obtenu dans le sang et dans la douleur le 26 Mars 1991, suite à des évènements douloureux ponctués par des massacres au sein de la population malienne. En effet, après 23 ans d’un régime dictatorial, les Maliens se sont levés comme un seul homme pour réclamer plus de justice et de liberté.

Ainsi, le régime du Général Moussa Traoré sera renversé le 26 mars 1991 par le peuple malien. Après concertations, le pouvoir sera remis à l’armée malienne, dirigée par Amadou Toumani Touré. Un Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) conduira alors avec succès une Transition qui organisera les premières élections libres et démocratiques.



Et Alpha Oumar Konaré sera élu avec brio en 1992. Ensuite s’ensuivirent les élections législatives et communales, où l’on assista à la mise en place de toutes les institutions de la république prévues par la Constitution de 1992. Le citoyen Lambda pensa alors que les civils allaient sortir le pays du marasme économique, social et politique que le pays a vécu durant 23 ans. Mais malgré la ferme volonté d’Alpha Oumar Konaré de mener à bien les missions qui lui ont été confiées, il sera confronté à des problèmes sans précédent.



Des bouleversements sociopolitiques

En effet, le régime Konaré sera pris en otage par des opportunités, des égoïstes et des aigris de toutes sortes(surtout après tant d’années de privation de de liberté) qui voulaient “rattraper le temps perdu”. Du coup, seul comptaient leurs propres intérêts. D’où des détournements de fonds, au su et au vu de la population.

Pourtant, avant la chute du régime de Moussa Traoré, tous les hommes politiques étaient rassemblés dans un seul et unique mouvement démocratique, contraints aux mêmes idéaux et objectifs. Les efforts de Alpha ont été reconnus par la majorité de la classe politique malienne, et bien des associations et syndicats. Ce qui quelque part, a permis le retour des militaires dans les casernes.



Fort de cet avantage, le premier Président démocratiquement élu nourrissait beaucoup d’ambitions pour le Mali. Mais il avait fallu seulement deux ans (de 1992 à 1994) pour assister au retour des vieux démons, suscité surtout par la déchirure de la classe politique.



Les raisons de cette tension politique ne sont pas uniquement dues au fait que Alpha n’a pu réaliser tous ses objectifs. Car dès 1993, les grèves intempestives de l’AEEM -qui ont conduit à la démission de deux premiers ministres- ont poussé le régime d’alors à ne pas pouvoir s’occuper d’autres chantiers. D’où le second mandat d’Alpha.



Entre temps, le Premier ministre IBK commença à affronter des actes de déstabilisation sociale, venait en partie de certains partis politiques. Ce qui créa un fossé énorme entre des partis politiques amis d’hier. C’est dans cette situation rocambolesque que l’élection présidentielle sera organisée.



Du coup, ses résultats furent contestés par des partis politiques regroupés au sein du Collectif des Partis politiques de l’opposition (COPPO). Ce qui a conduit à l’arrestation et l’emprisonnement de certains de ses leaders, en 1997 : feux Almamy Sylla et Mamadou Lamine Traoré, Mountaga Tall, Choguel Maïga, et plusieurs autres responsables. C’est dans ce climat lourd de tensions politiques que Alpha a achevé son second mandat en 2002.



Mais le pire se produira, lorsque IBK apprend qu’il ne sera pas le dauphin désigné pour représenter l’Adema à l’élection présidentielle de 2002. Ce qui occasionna un cafouillage monstre au sein de la classe politique composée de civils qui n’ont pas su s’entendre, leurs intérêts étant diamétralement opposés.



L’appel de “détresse” des citoyens

Voyant le fossé s’agrandir entre les leaders politiques, et surtout, la dérive du pays qui se profilait à l’horizon, des patriotes maliens, soucieux de la sauvegarde de l’exercice démocratique, vont faire appel à celui qui a mis fin au régime dictatorial de Moussa Traoré et qui a su diriger cette Transition qui fut un modèle en Afrique : Amadou Toumani Touré.



“Nous pensions que les civils, une fois à la tête de l’Etat, se soucieront du peuple malien. Malheureusement, ils sont venus s’enrichir avec des villas, des voitures ...En dix ans, le Mali a vu des milliardaires fonctionnaires et des conflits entre des responsables politiques de partis amis d’hier”, déclarait un des patriotes qui ont fait appel à ATT.



C’est ainsi qu’ATT répondra favorablement à l’appel de ces patriotes venus de tous les horizons du pays. Après son élection en 2002, la première mission d’ATT sera de rassembler toute la classe politique longtemps “décimée”. Du coup fut prôné un consensus auquel adhèreront tous les hommes politiques soucieux du devenir du pays. Ce qui a permis au pays de vivre une accalmie pendant la première mandature d’ATT (2002-2007).



“Ils étaient obligés d’adhérer au consensus, s’ils ne veulent pas que des militaires renégats et des nostalgiques de l’ordre ancien ne prennent le pouvoir” , a déclaré un observateur de la scène politique. D’ailleurs, c’est face à ces résultats acquis qu’ATT sera plébiscité en 2007 pour un second mandat, en dépit de certaines campagnes de diffamation de certains responsables politiques mécontents.



Le mérite d’ATT doit être reconnu à double titre. D’abord, pour avoir réconcilié la classe politique longtemps déchirée. Ensuite, pour avoir permis l’envol d’un développement à travers le pays. “Je suis prêt à travailler avec tous les bons fils du pays soucieux de faire avancer notre chère patrie. J’appartiens à tous les partis politiques du Mali qui oeuvrent pour l’intérêt général. Quoi qu’on fasse et quoi qu’on dise, quels que soient les points de divergences, tous les leaders de ces partis politiques sont des frères, des soeurs, des cousins...”, déclarait-il.



Bien des partis politiques viennent généralement aux affaires pour eux-mêmes, et non pour l’intérêt du pays : c’est du moins le constat de maints citoyens. Cela explique le fait qu’ATT soit resté politiquement indépendant.
Sadou BOCOUM

Source: LE SOIR DE BAMAKO DU 26 SEPT. 08
http://www.malijet.com/Actualite-politique-au-Mali/exercice_d_mocratique_au_mali_le_m_rite_d_att.html

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