vendredi 29 août 2008

Vers un langage comptable mondial



Ce sont quatre lettres peu connues du grand public mais omniprésentes dans l’économie. Il s’agit des IFRS, des normes comptables utilisées dans de nombreux pays, sauf aux Etats-Unis, qui pourraient bientôt les adopter.

Vers un langage comptable mondial
Baptiste Fallevoz

Jeudi 28 août 2008

Ce sont quatre lettres peu connues du grand public mais omniprésentes dans l’économie mondiale. Il s’agit des IFRS (International Financial Reporting Standards), les normes comptables utilisées dans de nombreux pays, sauf aux États-Unis. Et c’est justement ce qui pourrait bientôt changer.


Mercredi, les autorités américaines ont dévoilé une feuille route visant à adopter ce système de comptabilité… d’ici 2016.




Qu’est-ce que cela changerait concrètement, pour les entreprises américaines ?


C’est un peu comme si deux ménagères dépensaient la même somme pendant un an, avec les mêmes achats, les mêmes investissements, et le même budget. Après avoir fait leurs comptes à la fin de l’année, celles-ci n’obtiendraient pas le même résultat. L’explication tiendrait tout simplement à la méthode de calcul.


C’est un peu ce qui se passe lorsqu’une entreprise américaine publie ses résultats avec les normes comptables locales, les US GAAP. La méthode de calcul et, au final, le résultat seront différents des normes IFRS, qui sont utilisées dans plus de 100 pays, dont toute l’Union européenne.




Quelle est la méthode la plus avantageuse ?


Les détracteurs de la méthode IFRS affirment qu’elle permet souvent de gonfler les résultats des entreprises. Certaines dépenses seraient par exemple plus faciles à dissimuler ou tout du moins à répartir dans le temps. En clair, les normes internationales seraient moins exigeantes. Selon une enquête du comptable américain Jack Ciescielski, 63 % de 137 entreprises présentes sur le marché américain ont vu leurs revenus gonfler sous la norme IFRS.


Notons tout de même que les normes US GAAP n’ont pas empêché certaines faillites retentissantes (Enron en est l’exemple le plus médiatique), à la suite de manipulations de comptes.




Quelles sont les motivations des autorités américaines ?


Adopter des normes communes, c’est une plus grande transparence, une meilleure compréhension entre les entreprises américaines et étrangères. C’est plus de cohérence pour les investisseurs, plus de facilité à comparer les résultats des entreprises, plus de facilité à lever des capitaux. Cette petite révolution devrait aussi coûter moins cher aux sociétés qui doivent jusqu’ici employer les deux méthodes de calculs. Bref beaucoup d’avantages.


Mais notons que rien n'est fait. Les États-Unis viennent de publier un calendrier précis, mais les autorités ne se prononceront définitivement qu’en 2011.

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