vendredi 29 août 2008

Présidentielle américaine : Les duels dans le duel


International
Présidentielle américaine : Les duels dans le duel
L'Essor, 29/08/2008 Commentaires [ 1 ] E-mail Imprimer
Senator John McCain. (Melina Mara/twp - Twp)

La bataille pour gagner l'opinion est parfois épique et inévitablement coûteuse.

Cette année, le duel sera serré entre les candidats à la présidentielle du novembre aux États-Unis, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain. L'opinion est très répandue, elle est aussi le sentiment du Dr Steve Ekovich, professeur à l'Université américaine de Paris qui s'est longuement entretenu avec la presse nationale sur le processus électoral, ainsi que sur le rôle de la presse en période de campagne. C'était au cours d'une conférence sur le thème "Les élections présidentielles américaines 2008" organisée mardi dernier dans la salle de conférence de l'ambassade des États-Unis d'Amérique.

D'entrée de jeu, la directrice des Affaires Publiques de l'ambassade, Mme Stéphanie Syptak, a expliqué que cette conférence avait pour but de présenter un exposé sur le système électoral américain et de faire une présentation neutre des deux candidats à la présidentielle de novembre.

L'occasion était bonne pour les journalistes de s'informer sur le processus de désignation et d'élection du président des
États-Unis. Ils ont aussi interpellé le conférencier sur la complexité du système électoral américain, dont les paradoxes ont été mis en évidence lors de l'échec en 2004 du candidat démocrate Al Gore qui avait pourtant remporté le vote populaire face au républicain George W. Bush.

Le conférencier a d'abord insisté sur la nécessité des élections qui constituent la pierre angulaire des gouvernements représentatifs démocratiques. Car, dans une démocratie, l'autorité du gouvernement émane du consentement des gouvernés, lequel ne peut s'exprimer que dans des élections libres et honnêtes.

Steve Ekovich a rappelé qu'en démocratie, la liberté de parole est essentielle pour permettre aux citoyens d'entendre différents points de vue. Mais cela a un coût. De nos jours, une campagne présidentielle aux États-Unis peut mobiliser jusqu'à 80 % de son budget pour la télévision. Le coût du temps d'antenne étant élevé, les campagnes sont devenues très chères. Toutefois, le conférencier a fait remarquer que durant la Convention nationale, les candidats bénéficient de quatre jours de publicités gratuites dans les médias. Les candidats et leurs équipes de campagne usent de cette opportunité en privilégiant la diffusion aux heures de grande écoutes de spots publicitaires.

Les campagnes donnent lieu à des approches divergentes de la part des journalistes et des états-majors de campagne. Les premiers s'attachent à évaluer et à critiquer les opinions des acteurs de la vie publique et en particulier, ceux qui dirigent. A l'inverse, les membres des gouvernements, les candidats et leurs conseillers cherchent toujours à interpréter les événements à leur avantage. "Ils essayent de donner un spin avantageux, c'est à dire une impulsion positive aux informations", a commenté le conférencier.

Le mot anglais "spin" désigne la méthode consistant à analyser à chaud des événements ou des déclarations de manière à enjoliver le message d'un acteur politique. L'opposition est donc inévitable : plus les candidats et leurs conseillers de campagne tentent de mettre leur propre spin sur les événements, plus les journalistes essayent de faire prévaloir des angles d'interprétations différents.

La concurrence entre les journalistes et les candidats est une lutte autour du pouvoir d'interpréter et de persuader. Dans leur communication avec les électeurs, les candidats tentent de contrôler au maximum la présentation de leur message et de leur image. Quant aux journalistes, ils doivent être vigilants face aux surenchères électorales.

La communication politique est donc faite de produits contradictoires. Alors que le journalistes essaient de préserver leur indépendance et leur esprit critique, les spots télévisés et radiodiffusés, les panneaux d'affichage et les publicités dans les journaux et magazines véhiculent un message et une image contrôlés de bout en bout par le candidat et ses directeurs de campagne. Ils soulignent en général les objectifs déjà atteints par les candidats ainsi que leur vision pour l'avenir. Mais ils s'attaquent aussi à l'adversaire à travers les publicités négatives (ou "attack ads").

S'agissant du système électoral, le Dr. Steve Ekovich a expliqué que les Américains font recours tout à la fois au Collège des grands électeurs et au vote populaire. Les grands électeurs sont au nombre de 538. Leur nombre varie selon la population de chaque État. Il intègre les représentants à la Chambre des représentants et les sénateurs. Un candidat doit accumuler au moins 270 voix pour gagner la Maison Blanche.

Selon Steve Ekovich, les tendances lourdes sont actuellement en faveur de Barack Obama qui bénéficie des problèmes liés à l'économie, de la baisse de la côte de popularité du président sortant. Mais le conférencier constate que le candidat démocrate éprouve de la peine à se détacher de son challenger dans les sondages. Pourtant, il est considéré comme l'homme du changement face à John McCain, un centriste modéré.

B. M. SISSOKO

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Vos commentaires
Posté par tima2, le 29 Aug 2008 10:56:27 GMT
jone McCain,,, barak Obama bonne
chance ,
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