dimanche 3 août 2008

LA PRESSE MALIENNE EN DEUIL: Oumar Bouaré, le rédacteur en chef de "Kabako", n'est plus

LA PRESSE MALIENNE EN DEUIL: Oumar Bouaré, le rédacteur en chef de "Kabako", n'est plus
02 August, 2008 07:19:00 LE SOIR DE BAMAKO
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Le sort, une fois de plus, vient de s'acharner sur la presse malienne. Hier, une triste nouvelle a vite fait le tour de toutes les rédactions, frappant de stupeur les journalistes. Il s'agit de la mort accidentelle de notre confrère Oumar Bouaré, le rédacteur en chef du bimensuel "Kabako". Après avoir déposé mercredi dernier son ami Sékouba Samaké, le rédacteur en chef de "Info-Matin" à son domicile à Djikoroni-para sous une pluie battante, vers 21h, Bouaré était retourné à Missira, au siège de son journal, pour mettre la dernière main à "Mme Magazine", un titre édité par sa femme. Il comptait finir ce travail à 2h du matin, mais les choses allèrent plus vite que prévu. Il appela aussitôt sa femme pour l'informer de son arrivée imminente à la maison, mais le destin avait décidé autrement et celle-ci n'allait plus le revoir. Après avoir quitté Missira pour rejoindre son domicile à ATTbougou, sa moto (une Yamaha 100) fut percutée de plein fouet à l'arrière par Sékou Diallo, un jeune de 24 ans, certainement à bord d'une voiture d'emprunt ou celle de son père. Bouaré fut transporté d'urgence à l'hôpital Gabriel Touré où il est décédé, hier, à 6h du matin. Ses obsèques auront lieu aujourd'hui à 13h à son domicile à ATTbougou après la prière. Incontestablement, l'homme qui vient de disparaître est un pionnier de la presse privée au Mali. Depuis quinze ans qu'il travaille au journal "Kabako", il a délecté les lecteurs de récits croustillants sur les faits de société. Pour cela, il avait choisi comme domaine de prédilection les "chiens écrasés" (faits divers) pour montrer que notre société glisse dangereusement sur une pente inclinée et qu'il est temps d'arrêter la dérive. La dernière sortie de Oumar Bouaré fut assez remarquable. C'était lors du séminaire organisé par le ministère de la défense sur la sécurité au cours duquel il fit une brillante communication sur l'évolution des mœurs et de la société. Son ami Sékouba Samaké voyait derrière le journaliste un fin philosophe. Et sa doctrine se résumait en quelques mots : "les faits divers nous mettent en face de nous-mêmes. Ce qui concerne les autres nous concerne aussi". Aussi, l'homme était simple mais doté d'une grandeur d'âme qui lui faisait surmonter tous les obstacles. Originaire de Falo, dans le cercle de Bla, Oumar Bouaré est né en 1960. Il était marié à une journaliste, Fanta Dienta chargée de communication à la CAFO. Il laisse derrière lui une veuve et trois enfants. Toute la presse malienne s'associe à leur douleur pour prier Dieu dont les voies sont insondables, afin que son âme repose en paix.

Source: LE SOIR DE BAMAKO

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