jeudi 31 juillet 2008

Olmert démissionnera après les primaires de Kadima


Par AFP (texte)/ Pauline Godart (vidéo)

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, affaibli par une affaire de corruption, a annoncé mercredi qu'il ne briguerait pas la direction de son parti Kadima mi-septembre et renonçait au pouvoir.

"J'ai décidé de ne pas me présenter aux primaires du Kadima. Je n'ai pas l'intention de me mêler de ce scrutin. J'en accepterai volontiers les résultats", a annoncé le Premier ministre au cours d'une allocution télévisée.

Juste après sa démission, dans la foulée des primaires du Kadima, le président de l'Etat, Shimon Peres, devra désigner le député le mieux placé pour constituer une majorité parlementaire. Celui-ci disposera d'une période de 28 à 42 jours éventuellement renouvelable pour former un gouvernement.

Durant cette période, M. Olmert dirigera une gouvernement de transition, selon la législation israélienne.

"Après l'élection de mon successeur, je démissionnerai pour permettre la formation d'un nouveau gouvernement rapidement", a expliqué Ehud Olmert, soulignant qu'il se retirait du pouvoir pour mieux défendre son innocence --même s'il a reconnu avoir commis des "erreurs"-- face aux accusations de corruption.

Kadima doit tenir ses élections primaires à la mi-septembre, le 17, selon les médias israéliens.

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, en lutte de pouvoir ouverte avec M. Olmert, est donnée favorite, talonnée par Shaul Mofaz, le ministère des Transports. Mme Livni s'est félicitée de la déclaration de M. Olmert en affirmant que le Premier ministre avait pris "une décision personnelle qui n'est pas pas simple, mais bonne".

Des dirigeants de Kadima ont multiplié ces derniers jours les appels à M. Olmert pour qu'il ne se présente pas aux primaires, de crainte que son impopularité n'entraîne la formation dans un désastre électoral.

Cette annonce met fin à plusieurs semaines de suspense marquées par des luttes intestines qui ont vu Mme Livni et M. Olmert s'entre-déchirer.

Mme Livni a commencé à préparer le terrain en cas de victoire aux primaires en appelant à la composition d'un gouvernement d'union nationale.

Depuis qu'une grave affaire de transferts illégaux de fonds au profit de M. Olmert a éclaté en mai, les dirigeants de tous bords ont multiplié les appels à la démission du Premier ministre, au plus bas dans les sondages.

L'opposition israélienne, emmenée par l'ancien Premier ministre Benyamin Netanyahu (droite), ainsi que le chef du parti travailliste et actuel ministre de la Défense Ehud Barak s'étaient prononcés en ce sens.

Selon un sondage rendu public mercredi soir, M. Netanyahu battrait largement Mme Livni et M. Mofaz en cas d'élections anticipées.

Sur la scène internationale, les Etats-Unis ont réagi à l'annonce de M. Olmert en affirmant être prêts à travailler avec tout nouveau gouvernement israélien pour parvenir à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens d'ici à la fin de l'année.

Les Palestiniens ont adopté la même attitude: le Président palestinien Mahmoud Abbas travaillera avec tout prochain chef de gouvernement israélien, considérant que la décision d'Ehud Olmert était une "affaire interne" israélienne, a indiqué son porte-parole.

Elu au poste de Premier ministre en mars 2006, M. Olmert, 62 ans, est accusé par la justice israélienne d'avoir reçu illégalement des fonds en liquide d'un riche hommes d'affaires, Morris Talansky.

Lors d'une déposition accablante en mai au tribunal, M. Talansky avait affirmé avoir versé à M. Olmert plus de 100.000 dollars en liquide, sous forme d'enveloppes, pendant une quinzaine d'années.

M. Olmert a fermement nié toute malversation. Il a toutefois reconnu avoir reçu des fonds pour financer ses campagnes électorales, notamment à la mairie de Jérusalem en 1999 et 2003.

Il est aussi éclaboussé par quatre autres affaires de corruption, qui remontent à l'époque où il était maire de Jérusalem (1993-2003), puis ministre du Commerce et de l'Industrie (2003-2006).

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