jeudi 31 juillet 2008

MONSIEUR LE PREFET, NOUS VOUS ECOUTONS

MONSIEUR LE PREFET, NOUS VOUS ECOUTONS

Le Préfet de la Haute Garonne a ordonné Jeudi 20 juin dernier, l’expulsion vers l’Algérie d’un père de famille, laissant à Toulouse son épouse et leurs 5 enfants.

Arrivée en France en 2006, la mère de cette famille est immédiatement considérée comme Française par la Préfecture de la Haute-Garonne qui lui délivre une carte d’identité et un passeport ; elle est née à Paris avant la guerre d’Algérie. Elle réunit en France le reste de sa famille. Les enfants sont scolarisés et les parents travaillent jusqu’à ce que la préfecture se rende compte qu’elle a commis une erreur.

Mme restitue alors les documents d’identité français qui lui avaient été donnés et l’administration, consciente des conséquences de son erreur, lui propose de déposer une demande de titre de séjour, lui remettant immédiatement un récépissé l’autorisant à travailler.

Un an et demi plus tard, une décision de refus de séjour et obligation à quitter le territoire sera prise contre les deux parents, leur supprimant ainsi le droit de travailler et de rester en France. Mais pourquoi donc garder la mère ? Probablement pour protéger les enfants qui restent intouchables, compte tenu des conventions internationales. Probablement seulement car l’on les retrouve bien souvent en compagnie de leur parents, donc, emprisonnés dans les centres de rétention et expulsés comme leurs parents, au moment où bien des pays (dont la France mènent bataille pour davantage faire reconnaître les droits de l’enfant.

Dans son neuvième article enfin, la déclaration des droits de l’enfant adoptée et signée par tous les états membres de l’ONU indique : " Les états parties veilleront à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents, sauf en cas de nécessité absolu et dans le l’intérêt supérieur de ce dernier ".

Est-ce pour cet intérêt qu’un père se trouve actuellement séparé des siens ? Est-ce un façon de respecter son droit à l’éducation de ses deux parents ?

Si l’on voudrait appliquer la loi le plus justement possible, il faudrait, à l’occasion de cette reconduite à la frontière, exiger aussi à cette famille toulousaine de restitution de tous les avantages et droits perçus durant tout ce temps en sa qualité de française.

Considérant que la préfecture est responsable de cette situation, ce que confirme le Secrétaire Général dans ses déclarations à la presse, RESF a demandé au Préfet de la Haute Garonne de procéder à la régularisation de l’ensemble de la famille.

Réagissez : jeanclaude@canalsud.net

Aucun commentaire: