mercredi 25 juin 2008

Tsvangirai demande l'envoi d'une force militaire

Par AFP
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Le régime au pouvoir au Zimbabwe a maintenu mardi qu'un second tour du scrutin présidentiel aurait lieu vendredi, ignorant l'appel de l'Onu à annuler l'élection, tandis que le chef de l'opposition a demandé l'envoi "d'une force militaire" avec un rôle de "maintien de la paix".

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a déclaré que le second tour de l'élection serait maintenu en dépit du retrait de la course du chef de l'opposition Morgan Tsvangirai, avant de déclarer être prêt à des négociations après le second tour de l'élection, selon le quotidien d'Etat The Herald.

"L'élection aura lieu vendredi en accord avec nos lois et notre Constitution", a déclaré à l'AFP le ministre de la Justice Patrick Chinamasa. "Tout retrait de candidature est nul et non avenu", a ajouté le ministre, affirmant que le retrait du leader de l'opposition aurait dû intervenir au moins 21 jours avant le premier tour, le 29 mars.

Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait renoncé dimanche à participer au scrutin face au chef de l'Etat Robert Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, face à une "orgie de violences" orchestrées par le régime.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné lundi à l'unanimité la campagne de violence contre l'opposition et "le comportement du gouvernement qui a dénié à ses opposants politiques le droit de faire librement campagne".

Le leader de l'opposition est réfugié depuis la nuit de dimanche à lundi à l'ambassade des Pays-Bas à Harare, qu'il quittera "dès qu'(il sera) sûr que (sa) sécurité est assurée", a-t-il dit à l'AFP mardi.

Dans un commentaire publié mercredi par le Guardian, M. Tsvangirai a évoqué l'envoi d'une force militaire. "Nous ne voulons pas de conflit armé, mais les peuples du Zimbabwe ont besoin que l'indignation exprimée par les leaders mondiaux soient accompagnés par la rectitude morale d'une force militaire", a-t-il écrit au quotidien britannique.

"Une telle force aurait pour rôle le maintien de la paix, pas celui de fauteurs de troubles", a-t-il ajouté.

Morgan Tsvangirai mise sur la communauté internationale pour faire plier le président Mugabe depuis la défaite du régime aux élections générales du 29 mars.

Le régime, qui selon les analystes craint de perdre tout semblant de légitimité si l'élection est annulée, reste sourd aux pressions internationales.

"La Grande-Bretagne et ses alliés racontent une série de mensonges à propos du Zimbabwe (...) parce qu'ils veulent créer une situation pour justifier leur intervention au Zimbabwe", a encore dit M. Mugabe lundi, selon The Herald.

Le plus vieux chef d'Etat d'Afrique accuse l'Occident, qui a adopté des sanctions contre le cercle au pouvoir après sa réélection contestée en 2002, de ruiner son pays, plongé dans un marasme économique sans précédent.

La manoeuvre de l'opposition le place toutefois en porte-à-faux vis-à-vis de ses habituels alliés en Afrique australe.

Le président angolais José Eduardo dos Santos, un solide soutien de l'ancien héros de la lutte contre la suprématie blanche, a appelé il y a quelques jours le régime à faire cesser les violences.

Il s'est entretenu mardi à Luanda avec le ministre zimbabwéen des Affaires étrangères, Simbarashe Mumbengegwi, en marge d'une réunion des chefs de la diplomatie de la région consacrée au Zimbabwe.

Le président Thabo Mbeki, médiateur de l'Afrique australe pris sous le feu des critiques pour avoir nié l'existence d'une crise au Zimbabwe, incarne désormais le seul espoir de la communauté internationale pour une solution négociée, certains analystes n'excluant plus une guerre civile.

Le Congrès national africain (ANC), autre parti hérité de la lutte, au pouvoir en Afrique du Sud, a pour la première fois mardi tancé le régime zimbabwéen, l'accusant de "bafouer les droits démocratiques" obtenus par la guerre d'indépendance.

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