dimanche 29 juin 2008

L'accélération des privatisations : La Sotelma lance son appel d'offres...

Privatisations
L'accélération des privatisations : La Sotelma lance son appel d'offres...
Nouvelle République, 29/06/2008 E-mail Imprimer

L'une des grandes recommandations de la table ronde des bailleurs de fonds qui s'est déroulée dans notre pays les 12 et 13 juin derniers concerne « l'accélération des reformes structurelles» dans certains secteurs dont celui des télécommunications.

Il faut penser que du côté de la Sotelma, on devait être prêt depuis longtemps. En effet, la semaine dernière, des journaux de la place ont publié des pleines page de l'appel d'offies international où l'on a pu voir que la « vieille» fille tente de se présenter sous son meilleur jour avec des bijoux sonnant faux et des tenues d'apparat sentant l'emprunt. En effet, si le processus de la

privatisation de la Sotelma a longtemps traîné, c'est justement à cause de la non fiabilité de ses comptes. Les directions précédentes en savent quelque choses, parce que de Tiémogo Maiga à Lassana N'Diaye en passant par Samba Sow, Kaffa Dicko, Nimaga et Konaté, le principal casse-tête est la certification des comptes. Les chiffres de ces quatre dernières années oscillant entre « déficit» et « bénéfice» sont tellement contradictoires que nombreux sont ceux qui pensent que c'est loin d'être gagné. Or tous s'accordent à reconnaître que s'il y a un secteur porteur, un secteur qui peut générer des ressources additionnelles pour l'Etat, c'est bien celui des télécommunications. Il faut espérer que la Sotelma sera suffisamment attrayante pour lui valoir l'assaut de prétendants sérieux.

... La BIM-Sa fait l'objet de toutes les convoitises...

C'est connu, quand ça chauffe, on songe à vendre les bijoux de famille. Il en est de notre pays, pris à la gorge par les bailleurs de fonds qui attendent de lui qu'il privatise certaines sociétés et entreprises. Parmi les « cibles », figure la BIM-Sa. Longtemps destinée à être sacrifiée sur l'autel de la privatisation, la BIM-Sa a toujours été épargnée parce que bien chétive à l'époque. Avec son redressement actuel, la Banque est devenue appétissante car avec les comptes publiés, elle ne laisse personne indifférent. Pour ne pas retarder davantage l'échéance, l'accélération du processus de sa privatisation est en marche. Il nous est revenu que certains prétendants rôdent déjà à Bamako afin de mieux apprécier la promise.

C'est ainsi que la semaine dernière, des envoyés de la Société générale des banques de France ont séjourné à Bamako afin de mieux jauger cette banque qui fait l'objet de beaucoup de convoitises. En effet, outre la Société générale, quatre autres banques flairent le « bon» coup et auraient manifesté leur intérêt. Il s'agit de l'Union des Banques africaines du Nigeria ; de Attijira Wafa Banque du Maroc ; de la Banque Of Africa et de Ecobank.

... Les députés sont saisis du cas de la CMDT...

Autre structure, autre équation : le cas de la CMDT. Annoncée depuis 2001, la privatisation de la CMDT a été reculée pour 2006 avant d'être calée pour cette année. Mais s'il y a une privatisation dont l'Etat craint pour les conséquences socioéconomiques, c'est bien celle de la CMDT. Concernant directement la vie de 3,5 millions voire 4 millions de Maliens, la CMDT travaille au-delà du secteur cotonnier pour jouer un véritable rôle de stabilisation sociale en terme d'emploi, de constructions d'infrastructures sociales de base (écoles, centres de santé, centres d'alphabétisation, etc.), de constructions de routes et de pistes rurales, de lutte contre l'exode. C'est bien pour cela que personne ne semble vouloir prendre l'ultime décision. Les députés vont devoir se prononcer sur la question dans la première semaine du mois de juillet (on parle du 5 juillet). Ils devront donner le feu vert définitif au gouvernement pour accélérer la vente de la CMDT.

Selon nos informations, cela risque d'être chaud parce que de nombreux députés, notamment ceux de la zone de Sikasso ne seraient pas prêts à accorder leur soutien à ce que d'aucuns qualifient de démantèlement social de la région de Sikasso. Il faut rappeler qu'en 2004, quand ils avaient été saisis de la question, tous les députés avaient montré plus que des réserves avant de rendre publique une résolution mi-figue mi-raisin. Cette fois-ci, on leur demande de trancher.

... La réflexion se poursuit pour l'EDM.

Le détricotage de la privatisation de l'EDM-Sa revenue dans le porte-feuille de l'Etat avec le départ de Saur en 2004, n'a jamais vraiment plu aux bailleurs de fonds. Et avec les baisses tarifaires autorisées en 2003 et 2004 au niveau de l'eau et de l'électricité, ils étaient franchement en rogne. Raison pour laquelle, ils n'ont jamais raté une occasion pour mettre la pression sur nos autorités pour le respect des fondamentaux en matière économique.

Mais ils n'ont jamais eu d'oreille attentive du côté de nos autorités qui savent qu'il était périlleux de vouloir annoncer des hausses tarifaires dans le domaine de l'eau et de l'électricité. C'est pour cette raison que l'Etat s'est dévoué ces dernières années à « mettre à la disposition de l'EDM-Sa 12 milliards », « bon an, mal an» pourrait-on ajouter. Il y a un an, il nous est revenu que les bailleurs étaient sur le point de conditionner leur soutien au Mali par rapport à la restructuration de l'EDM-Sa.

L'Etat avait pu desserrer l'étau, le temps d'engager certains investissements qui devraient lui permettre d'annoncer la mauvaise nouvelle. Tout porte à croire qu'elle ne tardera plus, surtout que depuis la fin de la table ronde annonçant les 3215 milliards, il a été recommandé d'accélérer les reformes. On attend de voir celui qui aura le courage de venir dire aux Maliens que le prix du courant et de l'eau sont parmi les plus bas au monde et qu'il y a nécessité de les augmenter.
27 juin 2008

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