samedi 21 juin 2008

« LA MAITRESSE DU PRESIDENT »


« LA MAITRESSE DU PRESIDENT »
La vraie histoire

En fait, la maîtresse du Président est une pièce de théâtre écrite par une jeune auteur malien, Hawa Diallo. La pièce, à l’origine, portait le titre : « La belle de nuit », puis « La culotte cassée ». Le lycée Nanaïssa Santhara en a fait un résumé sous le titre « la Maîtresse du président » et le proposait déjà depuis plus de trois ans aux élèves en contraction de texte !

Beaucoup, en tout cas qui ont piqué la mouche ont cru à un déballage. Il n’en était rien. La maîtresse du président était juste une pièce de théâtre écrite et produite depuis 2002 par Hawa Diallo que nous avons rencontré sur son oeuvre. « J’ai écrit la pièce en 2002 à l’issue d’une résidence d’écriture co-organisée par l’association française « Ecritures Vagabondes », « Nouveau Théâtre d’Angers » et « Blonba », entreprise de création artistique et d’action culturelle malienne », affirme l’auteur qui ne comprend pas comment en est-on arrivé là, comment as-t-on pu faire autant de boucan sur rien, Sali le nom du pays pour une fiction ?
« En général, le texte a été bien accueilli, peut-être avec des grincements de dents, car le premier titre était choquant pour certains. Ceux qui se croient plus religieux ont dit que le titre est contraire à la morale sans même lire le contenu. Entre nous auteurs, on s’en fout car l’art n’est pas là pour gérer la morale. C’est l’affaire des religieux.
J’écris ce que je ressens. J’ai été un peu surprise par des commentateurs qui pensent que la pièce est féministe alors que je n’avais pas de visée féministe au moment de l’écriture. Est-ce qu’on peut ne pas être féministe au Mali en voyant l’exploitation sexuelle dont les femmes font l’objet ? On ne règle pas de compte dans une œuvre. L’art c’est l’art.
D’autres ont aussi apprécié le texte en se disant que je suis une femme qui a le courage de parler de ce sujet tabou chez nous.
Le président de la République de Malan est un personnage comme les autres. Quelque part aussi, c’est pour dire que l’amour n’a pas de frontières. A ceux qui pensent que c’est une pièce politique, je dis que ça ne l’est point, car je n’ai aucune visée politique. Chaque écrivain est libre d’écrire ce qui lui tient à cœur », explique-t-elle.
« Quand j’ai appris que tout tournait autour de ma pièce, je me suis dit que j’avais atteint mon objectif, car j’écris pour déranger. Si un texte ne dérange personne, ce n’est pas la peine. Je pense que c’est un faux procès qu’on a intenté contre les journalistes parce qu’un journaliste ne crée pas l’événement, il le rapporte. Pourquoi donc l’incarcérer quand il rapporte ? Pourquoi l’arrêter dans l’exercice de son métier ? Quand un juge rend son verdict selon son intime conviction, est-ce qu’on l’arrête ?
Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir dans ce pays. Les juges qui ont incarcéré et condamné les journalistes et M. Minta n’ont pas rendu service au président de la République parce qu’on parle d’une œuvre imaginaire et eux ils parlent de réel. Ce sont des allusions tendancieuses ».

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