dimanche 29 juin 2008

Hausse des prix des hydrocarbures : Le Gouvernement amortit le choc

Économie
Hausse des prix des hydrocarbures : Le Gouvernement amortit le choc
Nouvelle République, 29/06/2008 E-mail Imprimer

Suite à l’augmentation du prix à la pompe des carburants intervenue depuis le 21 juin dernier, nous avons voulu comprendre davantage les raisons de ces nouvelles mesures auprès du département de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce. Pour le ministre Amadou Abdoulaye Diallo, cela est dû à la hausse des prix fournisseurs liée à celle du baril de pétrole bru dont le prix est passé de 55 dollars US en février 2007 à 135 dollars US en juin 2008, soit une augmentation de 80 dollars US (145%) en 17 mois.

Pendant ce temps, selon le ministre, au Mali les prix à la pompe sont restés soit inchangés, soit très légèrement augmentés. Ce qui fait que notre pays a encore les hydrocarbures les moins chers parmi les pays africains non producteurs de pétrole.

Pour le mois de juin 2008, la hausse des prix sur le marché international n’a été que faiblement répercuté sur les prix à la pompe, grâce à l’intervention de l’Etat qui a renoncé à certains droits et taxes sur les produits et les opérateurs pétroliers ont aussi accepté de baisser leurs marges bénéficiaires. C’est ce qui fait que le prix du supercarburant a subi une augmentation de 45 F CFA/ litre alors que sans ces efforts, il devait être vendu à 180F CFA/l. Celui du gasoil a subi une augmentation de 15 F CFA au lieu de 125F CFA. Ainsi pour ce qui est du supercarburant sans plomb l’Etat a pris en charge 64% des charges, 11% pour les importateurs et 25% pour les consommateurs ; pour le gasoil l’Etat a supporté 84,4%, les importateurs 5,6 et les consommateurs 12%.

Pour le ministre, ces nouveaux prix entraîneront un manque à gagner pour le seul mois de juin d’environ 5 milliards de F CFA sur les recettes pétrolières de notre pays. « Et ça va rester ainsi tant que les cours mondiaux du pétrole n’ont pas baissé ». Rappelons que de janvier à mai 2008, les manques à gagner sont chiffrés à 18 milliards. Et si la tendance haussière se maintenait, ils atteindraient 48 milliards de F CFA en fin d’année contre 22 milliards en 2007.

Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du commerce Amadou Abdoulaye Diallo a indiqué que l’objectif du gouvernement est de faire en sorte qu’il n’y ait pas de rupture dans l’approvisionnement. Il a aussi salué les efforts consentis par les opérateurs pétroliers et les consommateurs. Pendant que sur le marché international le taux d’augmentation est de 10,55%, au Mali, grâce à l’anticipation du gouvernement et des autres acteurs, le taux d’augmentation est de 6,92% pour le supercarburant sans plomb et 2,63% pour le gasoil, les deux produits pétroliers les plus utilisés chez nous.

Et nos voisins l’ayant compris n’hésitent pas à s’approvisionner directement chez nous. Mais, à ce rythme, pour éviter des ruptures de stocks notre pays vient de prendre un arrêté interministériel interdisant la réexportation des produits pétroliers. Parce qu’une rupture entraînerait une augmentation générale sur tous les produits de première nécessité, a souligné le ministre Diallo, qui est en train de mettre les bouchées doubles pour que toute cette affaire de hausse devienne un vieux souvenir pour les consommateurs maliens.
Akhimy Maiga
27 juin 2008

Aucun commentaire: