mercredi 25 juin 2008

Aretha, Leonard et Woody au Festival de jazz de Montréal

Par AFP

Leonard Cohen aura l'honneur d'ouvrir le bal, avec un concert de préouverture mardi 24 juin. A 73 ans et après 15 ans de répit, le romancier et chanteur montréalais fait sont retour sur scène.



Ses 40 ans de chansons, de classiques comme Suzanne, So Long, Marianne, Bird on a Wire, Hallelujah ou Everybody Knows, ont forgé et confirmé une signature résolument unique, inimitable.



Le chanteur à la voix grave si caractéristique parle d’un nouvel album pour cette année.



Au Festival de Montréal, il vient nous présenter ses nouvelles chansons, dans le cadre de sa nouvelle tournée, la première depuis 1993.



Un hommage lui sera rendu pour l'ouverture officielle du Festival, jeudi 26 juin, avec un grand concert gratuit où des têtes d'affiches comme Katie Melua, Steven Page, Garou et bien d'autres seront présentes.



"Hallelujah", Leonard Cohen a chanté "jusqu'au bout de l'amour" pour son premier concert après 15 ans d'absence sur scène dans sa ville natale, sa voix grave, sensuelle, envoûtante, n'ayant rien perdu de sa superbe.


Vêtu d'un complet gris, un chapeau mou sur la tête, les épaules voûtées, les genoux fléchis, Cohen est apparu sur scène à la fois souriant et ému devant une salle comble de 3.000 spectateurs en extase qui lui a réservé une ovation avant même qu'il ne pousse sa première chanson.

"Ça me touche profondément, vraiment", a-t-il lancé dans un français mâtiné d'un accent anglais craquant. "Danse avec moi jusqu'au bout de l'amour", a-t-il demandé à la foule, hypnotisée pendant plus de trois heures par sa poésie, ses mélodies et surtout sa "voix d'or".

Cette longue absence sur scène entre 1993 - date de sa dernière tournée - et aujourd'hui, a étrangement préservé, voire bonifié, la voix du poète anglo-montréalais.

Entouré de neuf musiciens y compris trois choristes angéliques, Cohen a décliné plus d'une vingtaine de ses classiques, de "Everybody knows" à "I'm your man" en passant par un "Hallelujah" un brin gospel chaudement salué par le public et l'incontournable "Suzanne".

Il a interprété cette chanson seul, caressant les cordes de sa guitare comme s'il s'agissait des cheveux ondulés de sa première amante. Après deux heures trente, l'apôtre de l'amour s'est retiré de la scène pour mieux y revenir.

"On n'est pas pressé", a-t-il soufflé avant d'additionner neuf chansons dans un rappel aux allures de communion entre le public montréalais et l'enfant prodigue dont le concert marquait un retour attendu dans sa ville d'origine, la presse locale consacrant des dossiers fouillés à cet artiste qui a su cultiver la rareté.

Cohen s'est retiré dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles de 1993 à 1999. Et après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, il a cherché la tranquillité en Inde où il a passé un total de neuf mois.

"Parfois, je me demandais si je ne chanterais plus jamais sur scène. Ce n'était pas tragique, mais pendant que je faisais mon lit ou que je cuisinais - j'étais un cuisinier au monastère - je me disais: +c'est donc ça ma vie, je ne chanterai plus jamais en public, c'est fini+", déclarait-il récemment au quotidien La Presse, dans une rare entretien.

Si les chansons de Leonard Cohen évoque toujours le spleen ou une certaine mélancolie, l'homme est apparu radieux sur scène, ironisant sur sa propre vie, son parcours, sa consommation d'antidépresseurs et sa lutte contre l'alcoolisme.

"J'ai lutté contre la bouteille, mais il fallait que je sois ivre pour le faire", a-t-il plaisanté, se confiant à son public comme s'il s'agissait d'amis de longue date retrouvés au terme d'un long voyage.

Le chanteur folk, qui a entamé au début du mois de juin à Toronto une tournée mondiale qui doit le conduire en France, en Belgique et en Suisse, avoue candidement avoir besoin de ces spectacles pour se refaire un coussin financier après avoir été ruiné par son ex-manageur, Kelley Lynch.

"J'espère que malgré les prix gonflés (des billets) vous ne serez pas déçus", blaguait-il en lever de rideau. "Mon amour, j'espère que tu as été satisfaite... Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai", a-t-il conclu.



D'autres pointures telles Ayo et le Brésilien Gilberto Gil seront aussi à l'affiche de cette 29ème édition.



Le festival international de jazz de Montréal s'achèvera dimanche 6 juillet.

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