samedi 28 juin 2008

Après avoir franchi pour la première fois, jeudi soir, le cap symbolique des 140 dollars à Londres comme à New York, le cours du pétrole poursuivait

Par AFP

Dans un entretien à FRANCE 24, le président de l'Opep, Chakib Khelil, prévoit "probablement des prix de 150 à 170 dollars durant cet été".


Les cours du pétrole continuaient de moissonner les records vendredi, au lendemain du dépassement symbolique des 140 dollars le baril, dans un contexte de fortes incitations: des Bourses en berne, la Libye qui agite l'arme pétrolière et des pronostics de prix vertigineux.

Après avoir franchi pour la première fois jeudi soir le cap symbolique des 140 dollars à Londres comme à New York, les cours de l'or noir continuaient à moissonner les records: les prix ont atteint vendredi matin 141,98 dollars à Londres et 141,71 dollars à Londres.

Vers 10H00 GMT (12H00 à Paris), le baril s'échangeait à 140,99 dollars à New York et à 140,91 dollars à Londres.

Selon un véritable cercle infernal, les prix du pétrole profitent de la désaffection des investisseurs pour les bourses d'action, qui elles-mêmes pâtissent lourdement du pétrole cher.

"Il faut observer que les flux financiers ont quitté les bourses d'action, qui ont enfoncé des planchers. Selon la répétition de schémas observés plus tôt cette année, quand l'argent n'a pas d'endroit où aller, il se retrouve coincé dans les matières premières, car c'est l'un des rares instruments financiers qui le fasse vraiment fructifier", observait Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix.

Le Foostie de Londres a touché jeudi soir un plus bas depuis la mi-mars, le Dax de Francfort n'était pas loin vendredi d'enfoncer son plus bas de l'année (6.168 points) et le CAC 40 de Paris revenait à son niveau d'octobre 2005.

"Les prix du pétrole attisent les craintes d'inflation, mettant à mal les marchés d'action, ce qui par ricochet entraîne une nouvelle poussée des prix des matières premières, où les investisseurs viennent chercher de meilleurs rendements", renchérissait Michael Davis, de la maison de courtage Sucden.

L'affaissement de la devise américaine, passée jeudi de 1,55 à plus de 1,57 dollar pour un euro, augmentait encore la séduction du pétrole aux yeux des spéculateurs: lorsque le billet vert baisse, ils tendent à acheter des matières premières vendues en dollar pour se prémunir contre l'inflation.

En toile de fond, les prix restaient soutenus par un cocktail très haussier composé d'inquiétudes sur les disponibilités futures d'or noir, de tensions géopolitiques et de pronostics très haussiers sur les prix du pétrole.

La possibilité d'une réduction de la production en Libye, évoquée par Choukri Ghanem, le PDG du groupe pétrolier public National Oil, Shokri Ghanem, avait semé la panique jeudi.

Tripoli envisagerait de réduire sa production en cas d'éventuelles poursuites américaines, selon des propos de M. Ghanem rapportés par les analystes. Ce dernier n'aurait en revanche pas indiqué de combien serait cette baisse de production, ni même à quelle date elle pourrait intervenir.

Troisième pays producteur africain d'or noir --derrière l'Angola et le Nigeria--, la Libye produit en moyenne entre 1,7 et 1,85 million de barils de pétrole par jour.

Ajoutant à ce climat haussier, le président du géant énergétique russe Gazprom Alexeï Miller a déclaré que l'Opep n'avait virtuellement pas d'influence sur les prix du pétrole, dans une interview publiée vendredi par le Financial Times.

Il a prédit une hausse drastique des prix du brut, comme il l'a déjà fait récemment, prévoyant un prix à 250 dollars le baril (actuellement autour de 140 dollars).

"Si le pétrole parvient à clôturer au-dessus de 140,42 dollars, la situation sera beaucoup clarifiée: cela signifierait que le pétrole s'engage vers les 155 dollars", a pronostiqué de son côté la banque Barclays Capital dans une note technique.

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