mercredi 28 mai 2008

Sarkozy en Pologne pour un partenariat stratégique

Par AFP

Un mois avant de prendre les rênes de l'Union européenne (UE), Nicolas Sarkozy va signer mercredi à Varsovie avec la Pologne un "partenariat stratégique" qui doit consacrer ce pays comme l'un de ses alliés sur la scène continentale.

Plusieurs fois reportée pour cause de calendrier surchargé ou de cohabitation délicate entre le président conservateur Lech Kaczynski et le Premier ministre libéral Donald Tusk, ce sommet a été préparé avec une précision d'orfèvre pour ménager, selon l'Elysée, la susceptibilité à fleur de peau des deux têtes de l'exécutif polonais.

C'est donc d'abord avec son homologue que le président français signera la déclaration conjointe lançant le "partenariat stratégique" entre les deux pays, puis avec son chef du gouvernement qu'il paraphera les premiers accords ministériels qui le concrétiseront.

Comme doit le souligner ensuite M. Sarkozy lors d'un discours devant la Diète polonaise, ce texte doit marquer, selon l'Elysée, "la volonté de la France de s'afficher davantage en Europe centrale (et) de reconnaître la Pologne au rang des acteurs majeurs de l'Europe".

"Les pays de l'ex-bloc de l'Est ont longtemps été considérés comme des membres de seconde zone de l'UE et sont demandeurs d'un dialogue plus intense avec la France", explique un diplomate français, "nous montrons par ce partenariat que nous ne leur sommes plus indifférents".

Pour l'Elysée, ce sommet doit aussi constituer "une étape de plus dans la reconstruction des relations franco-polonaises". Ces liens avaient été durement éprouvés en 2003 lorsque Jacques Chirac avait déclaré que les ex-pays communistes avaient "raté une bonne occasion de se taire" en soutenant l'intervention militaire américaine en Irak, dénoncée par la France.

A l'image de ceux déjà conclus avec la Roumanie et, plus récemment, la Hongrie et la Lettonie, le partenariat stratégique franco-polonais couvrira tout le spectre de la coopération, des domaines politique et scientifique à la défense ou encore l'énergie nucléaire.

Sur ce dernier point, Paris ne cache pas être "très intéressé" par le projet de la Pologne et de ses trois voisins baltes de construire sur le site lituanien d'Ignalina une centrale nucléaire, destinée à remplacer le vieux réacteur mis en service dans les années 1980 par les Soviétiques, la seule centrale de type Tchernobyl dans l'UE.

Mais plus que pour signer des contrats, la visite de Nicolas Sarkozy doit permettre de faire le point des priorités de son mandat à la tête de l'UE. "Le soutien de la Pologne est important pour réussir la présidence française", souligne l'Elysée.

La Pologne, premier bénéficiaire des aides de l'UE et membre de l'Otan, partage "les mêmes points de vue" que la France sur la réforme de la Politique agricole commune (Pac) et le renforcement de l'Europe de la défense, se réjouit-on à Paris.

Par contre, ses positions sont nettement plus éloignées sur le "paquet européen énergie-climat". "Varsovie trouve ces mesures trop exigeantes pour un pays en cours de développement", explique l'Elysée.

La Pologne, qui n'est pas directement touchée par l'immigration venue du sud de la Méditerranée, n'est pas plus convaincue de la nécessité de mettre en place un pacte européen de l'immigration, ajoute-t-on.

Sur ce sujet, Nicolas Sarkozy doit annoncer mercredi l'ouverture complète, avec un an d'avance, du marché du travail français à tous les ressortissants de huit pays qui ont rejoint l'UE en 2004, dont la Pologne, selon les quotidiens Les Echos et Le Monde. L'Elysée a confirmé que le président ferait "une annonce" à ce sujet lors de sa visite, sans autres détails.

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