mercredi 28 mai 2008

Le verdict du procès Fourniret attendu

ercredi 28 mai 2008
Par FRANCE 24

Ils ne doivent sortir de la caserne de Charleville-Mézières que lorsqu’ils auront pris une décision en leur âme et conscience. Neuf jurés et trois juges doivent décider du sort de Michel Fourniret et de sa femme, Monique Olivier, le premier accusé de viols et de meurtres, la seconde d’avoir participé à ces crimes.


Entre 1987 et 2003, les deux époux sont jugés pour une série de rapts, viols et meurtres sur des jeunes filles en France et en Belgique. Fourniret a plaidé coupable, les jurés et les magistrats doivent déterminer le degré de participation de Monique Olivier. Le verdict sera prononcé lors de la reprise d’audience prévue à 15h (GTM+2).



Les questions posées aux jurés visent surtout à mettre au clair l’éventuelle implication d’Olivier dans le meurtre de Jeanne-Marie Desramault, en 1989. Accusée d'avoir étouffé l'étudiante avec Fourniret, elle nie les faits, appuyée par son mari qui l'a dédouanée en audience.



Pas un mot pour les familles des victimes



Vendredi dernier, l'avocat général Francis Nachbar a requis les peines les plus lourdes du Code pénal. Michel Fourniret encourt la perpétuité incompressible pour homicide avec circonstances aggravantes. Monique Olivier, accusée d'un des sept meurtres et de complicité dans trois autres, risque la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 30 ans.



"Monstre", "diable à deux faces", concernant Fourniret, "sorcière sournoise" ou "grosse araignée gluante" pour qualifier sa co-accusée, le réquisitoire de l’avocat général a heurté les avocats mais aussi les médias. "Vous n'êtes pas un fauve Fourniret, vous n'êtes rien ! (...) vous êtes un clown grimaçant et grotesque au service du mal", a-t-il lancé. Il s’est ensuite expliqué devant la presse et a nuancé certains termes employés. "C'est le dossier qui est nauséabond (...), pas les mots utilisés", s’est-il justifié.



Michel Fourniret et son épouse ont ensuite pris la parole, lundi. "Monique Olivier a commencé par dire qu’elle regrettait ce qu’elle avait fait. Fourniret s’est exprimé dans un style ampoulé, très provocateur comme à son habitude", explique Philomé Robert, envoyé spécial à Charleville-Mézières pour FRANCE 24. L’accusé a traité l’avocat général Francis Nachbar de "roquet" et de "vitupérateur" et a parlé de sa femme comme d’une "bonne femme incapable de nuire individuellement à quiconque dans la société". "Mais il n’a eu aucun mot, pas un seul, pour les familles des victimes", relève Philomé Robert.



Fourniret ne fera pas appel



L’avocat de Michel Fourniret, Me Blocquaux, a annoncé que l’accusé ne ferait pas appel du verdict prononcé mercredi. "Ce qui est un petit soulagement pour les familles des victimes", explique Philomé Robert.



Selon le bâtonnier Blocquaux, Fourniret "appartient à notre humanité, hélas, quel que soit le caractère horrible des actes qu'il a pu commettre". Il a comparé la vie de l'accusé à "un champ de ruines" avec, outre les jeunes femmes ou adolescentes tuées, de multiples victimes "collatérales". Une des filles de Fourniret s'est suicidée en 2006 "parce qu'elle ne supportait plus le poids de toutes ces affaires".



Enfin, l’avocat de l’accusé a de nouveau évoqué les "occasions manquées" d'arrêter un homme déjà condamné par le passé pour des agressions sexuelles, citant, entre autres, le classement sans suite par le parquet d'Auxerre de la plainte du père de la première victime, Isabelle Laville, tuée fin 1987 dans l'Yonne.



Les époux ont déjà effectué respectivement cinq et quatre ans de détention provisoire, lui depuis son arrestation en juin 2003, après un enlèvement manqué en Belgique, elle depuis l'année suivante, quand elle est passée aux aveux devant les enquêteurs belges après quelque 120 interrogatoires.

Aucun commentaire: