mardi 27 mai 2008

Le chef d'Etat-major adjoint enlevé par des soldats

Par Reuters

CONAKRY, 26 mai (Reuters) - Des militaires guinéens, tirant des coups de feu en l'air, ont pris lundi en otage à Conakry le chef d'état-major adjoint de l'armée pour exiger le paiement d'arriérés de solde, après le limogeage surprise du Premier ministre Lansana Kouyaté, ont rapporté des témoins à Conakry.


Selon un officier subalterne, les soldats retiennent le général Mamadou Sampil alors qu'il était venu négocier avec eux au sujet de leurs revendications au camp Alpha Yaya Diallo, qui abrite des commandos d'élite.


"Le général Sampil est allé pour tenter de convaincre les militaires de cesser de tirer en l'air pour protester. Les jeunes l'ont pris et l'ont conduit là-bas. Ils lui ont même enlevé ses galons", a raconté à Reuters cet officier requiérant l'anonymat.


D'après une autre source militaire, le ministre de la Défense, le général Bailo Diallo, a tenté de raisonner en personne les mutins, qui l'ont chassé sous une pluie de cailloux.

Au camp Samory, également dans la capitale, les troubles ont contraint des officiers à prendre la fuite, selon des témoins.


Pour l'instant, on ne signale pas de victimes et les discussions se poursuivent entre les autorités et les mutins.


Le gouvernement de Kouyaté, remplacé le 20 mai par l'ancien ministre des Mines, Ahmed Tidiane Souaré, avait promis de verser leurs arriérés de soldes aux militaires.


En 2007, une partie de l'armée - fer de lance du régime autocratique du général-président Conté, au pouvoir depuis 1984 - s'était soulevée pour le même motif. Les militaires avaient tiré en l'air, mais on avait dénombré dix morts dans la population.


La révocation de Kouyaté se heurte à une vive hostilité des organisations syndicales et des partis d'opposition, laissant craindre une réédition des grèves et des émeutes qui avaient paralysé l'an dernier le secteur stratégique de l'extraction de la bauxite, premier pourvoyeur de devises de la Guinée.

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