mercredi 28 mai 2008

Ian Fleming ne meurt jamais

Par Daphné Segretain / FRANCE 24

Pour le centenaire de la naissance de l’écrivain, ses héritiers ont demandé au romancier britannique Sebastian Faulks d’écrire à la manière de Ian Fleming le quinzième roman des aventures de 007. A cette date précise, le livre "Devil May Care" sort au Royaume-Uni, chez Penguin. En France, il faudra attendre le 4 juin pour lire sa version française "Le diable l’emporte", publié aux éditions Flammarion.


Même si l’intrigue est gardée secrète jusqu’à la sortie du livre, ce nouvel opus marque, selon l’éditeur, un retour aux sources, alors que les adaptations cinématographiques avaient fait évoluer le personnage.


Par ailleurs, une exposition se tient à l’Imperial war museum de Londres jusqu’au 1er mars 2009. "Rien que pour vos yeux" (For Yours Eyes Only) nous apprend comment les expériences personnelles de Ian Fleming ont nourri son écriture.

Toujours dans la capitale britannique, l’exposition "L’Art de la couverture" est organisée à la Fleming Collection jusqu’au 28 juin. Elle permet de se replonger dans le glamour des éditions originales de ces romans.

Père et créateur de James Bond


Fils d’un parlementaire conservateur, éduqué avec l’élite du pays, Ian Fleming – après avoir quitté l’Académie militaire – fut journaliste pour l’agence Reuters. Il met alors le pied à l'étrier dans un domaine qui n'a cessé d'alimenter ses romans : en avril 1933, il est chargé de couvrir à Moscou le procès de six ingénieurs anglais accusés d'espionnage . Le métier de journaliste délaissé, il sera tour à tour courtier, banquier, puis il écrira des nouvelles pour le magazine masculin Playboy.


Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Ian Fleming est trop âgé pour combattre, mais il travaille pour le service des renseignements de la Royal Navy. Pendant cette période, il exécute plusieurs missions d'espionnage en Europe et en Afrique du Nord. Le jeune Fleming devient assistant de l’Amiral John Godfrey, le directeur de la Naval Intelligence. Dans cette fonction, il participe à l’élaboration de plusieurs opérations sophistiquées, notamment "L’Opération sans pitié", qui, de l’aveu même de Fleming était un plan "invraisemblable". Elle avait pour but de capturer les codes de la machine Enigma de la marine allemande mais n’a jamais été mise à exécution. Il se serait inspiré de ce plan pour construire l’intrigue "Bons baisers de Russie".


Il y a beaucoup de Fleming dans Bond


C’est à Goldeneye, sa petite maison en Jamaïque, que l’auteur écrit le premier opus de James Bond. Il a 42 ans. Le nom de son héros ? Il l’emprunte à un ornithologue dont il lisait alors un ouvrage. Ce premier roman, "Casino Royal" ("Espions faites vos jeux" ) est publié en 1953 et inaugure un cycle avec douze autres romans ayant pour personnage principal le célèbre espion, l’agent 007 au service de Sa Majesté.

Alors que ses premiers romans n’ont pas fait de bruit, le président américain Kennedy cite en 1961 dans le magasine Life "Bons baisers de Russie" parmi ses dix romans préférés. James Bond devient un succès mondial. Un dernier, "Octopussy" a même été publié a titre posthume en 1966, soit deux ans après sa mort.

Ses heures riches en intrigues et rencontres au sein du réseau espion allié vont alimenter l’imagination déjà fertile de l’écrivain. Beaucoup de personnages des romans présents dans les aventures de James Bond sont ainsi inspirés d’hommes et de femmes côtoyés par l’auteur à cette époque-là, notamment l’Amiral Godfrey son mentor, qui devient "M" dans la saga.



De la fiction au cinéma


La saga des James Bond est repérée au début des années 1960 par le producteur de cinéma Albert Broccoli. L’adaptation de "James Bond 007 contre Dr. No", avec Sean Connery, a été coproduite et doit sortir sur le grand écran en 1963. Depuis, tous les romans ont été adaptés puis réadaptés au cinéma, connaissant un immense succès.

Roger Moore, Goerge Lazenby, Timothy Dalton et actuellement Pierce Brosnan sont entrés tour à tour dans la peau de l’agent secret. Il faudra attendre cet automne pour voir sur le grand écran le 22ème épisode de l'espion britannique, incarné par Daniel Craig, tandis que c'est le Français Mathieu Amalric qui endosse le personnage du méchant.

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