vendredi 30 mai 2008

Des soldats guinéens pour le départ des généraux

Par AFP

Au quatrième jour de leur mutinerie, les soldats guinéens qui réclament le paiement de leur solde ont tiré en l'air jeudi dans les rues de Conakry, comme pour mieux signifier aux militaires fidèles au président Lansana Conté leur détermination.



Mardi soir, le nouveau Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré, avait pourtant accédé à la plupart de leurs revendications, notamment sur les arriérés de solde, mais les mutins exigent également le limogeage des trois chefs d'état-major - terre, air, mer - des forces armées.



Les soldats en colère, dont certains se seraient battus comme mercenaires lors de la guerre civile dans les années 1990 au Liberia voisin, ont refusé de déposer les armes et de quitter les casernes qu'ils occupent à Conakry et dans plusieurs villes de garnison en province.



Des scènes d'intimidation se sont déroulées jeudi dans les rues de la capitale près du pont du 8-Novembre, point de jonction entre le centre-ville de Conakry et la banlieue, d'où est parti le mouvement il y a trois jours.



Des témoins ont rapporté que les soldats de la garde présidentielle, reconnaissables à leurs bérets rouges, avaient empêché de jeunes mutins de prendre position sur le pont.





"Enfants" face aux "bérets rouges"



"Les enfants sont venus en tirant en l'air. Il y a eu un échange de tirs. Quand les enfants ont vu la position des bérets rouges, ils ont dit qu'ils repartaient pour mieux se préparer", a déclaré à Reuters un gendarme présent derrière les lignes loyalistes.



Mercredi soir, des mutins se sont rendus à l'aéroport international de Conakry, obligeant un avion cargo américain qui venait de se poser à redécoller aussitôt. L'appareil en question transportait du matériel destiné à l'ambassade américaine.



"Les Etats-Unis regrettent cette entorse au protocole diplomatique et feront remonter cette information jusqu'au plus haut niveau du gouvernement guinéen", a prévenu jeudi l'ambassade dans un communiqué.



D'autres éléments rebelles ont mis à sac dans la nuit la résidence du chef d'état-major de la marine et des coups de feu ont retenti dans d'autres quartiers de la capitale, où se sont déroulées de nombreuses scènes de pillage, provoquant la peur dans la population.



Plusieurs radios privées ainsi que Radio France Internationale, très écoutée en Guinée, n'émettent plus sur leurs fréquences FM habituelles à Conakry. La radio nationale émet de son côté normalement, en diffusant principalement de la musique.



Le président Conté, au pouvoir sans interruption depuis 1984, a révoqué en début de semaine le ministre de la Défense.



Les analystes craignent que les concessions déjà accordées par son Premier ministre aux mutins - dont le paiement de cinq millions de francs guinéens (1.140 dollars) à chacun d'entre eux - n'encouragent les mécontents à se livrer à de la surenchère.

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