mardi 27 mai 2008

3 Questions à Dr. Almouzar Mohaly Maïga, président du Collectif des Ressortissants du Nord :

La Situation politique et sécuritaire au Nord
3 Questions à Dr. Almouzar Mohaly Maïga, président du Collectif des Ressortissants du Nord :
Le Républicain, 27/05/2008 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

“Nous avons appelé Bahanga à venir à la table de négociation”.

Le Républicain : Pourquoi aujourd’hui un meeting des ressortissants du nord Mali sur la crise du nord ?

Almouzar Mohaly Maïga : Nous avons tenu un meeting qui n’est pas sorti ex-nihilo. Nous l’avons préparé après plusieurs réunions avec différentes composantes de la société, des associations de différents cercles des régions du Nord.

Nous considérons en fait que ce n’est pas un meeting du Collectif des ressortissants des régions du Nord; même s’il a été initié par ce collectif, il s’est transformé en meeting national dans la mesure où toutes les régions du Mali, de Kayes à Kidal, ont participé à ce meeting.

Vous avez eu droit à une intervention de la région de Kayes, une intervention de la région de Koulikoro, de Ségou, plus toutes les composantes de la société civile dont les communicateurs traditionnels, le Haut Conseil Islamique, les femmes, les peulhs, Gina Dogon, etc. Donc c’est vraiment quelque chose qui est devenu national et c’est un message national que nous avons tenté de faire passer.

Différentes résolutions ont sanctionné la fin de vos travaux. Quelles sont les plus saillantes ?

Dire qu’une résolution est principale à d’autres me parait difficile. Je ne voudrais pas me hasarder dans ce sens. Nous pensons que les différentes composantes de la déclaration que nous avons passée sont aussi importantes les unes que les autres. Mais on peut retenir que le meeting a demandé de ne pas parler d’allégement du dispositif militaire dans le Nord. Le meeting a demandé d’éviter d’internationaliser le problème dit du Nord et a aussi demandé d’utiliser les ressources nationales dans la recherche de solutions à ce problème.

Le meeting a ensuite insisté sur le fait que ce n’est pas un problème uniquement du Nord, c’est un problème national et c’est nationalement qu’on doit trouver une solution. Enfin le meeting a également indiqué qu’il faut absolument arrêter maintenant, afin de préserver l’unité nationale et l’intégrité du territoire.

Je pense qu’il y a une partie de la déclaration qui a porté à confusion, notamment en ce qui concerne le mandat d’arrêt. Certaines presses ont mal interprété le texte de la résolution : le meeting a demandé “un mandat d’arrêt contre les auteurs de troubles, contre ceux qui tuent inutilement des innocents qu’ils soient militaires ou civils”. Donc c’est un “mandat d’arrêt”. On n’a nommé personne, et l’on n’a pas dit “mandat d’arrêt international”. C’est un mandat d’arrêt contre les fauteurs de trouble, les assassins qui tuent militaires et civils.

Vous demandez l’ouverture du dialogue entre les parties en conflit ?

Nous avons dit qu’en terme de recherche de solutions, il faut utiliser les ressources nationales, mais nous sommes engagés d’ores et déjà à entreprendre des campagnes de sensibilisation sur le terrain. Nous avons insisté sur le fait que le meeting ne doit pas s’arrêter au Stade Omnisport : il doit continuer sur le terrain. Vous voudriez bien noter que le représentant du Haut Conseil Islamique a lancé un appel solennel à Ibrahim Ag Bahanga et les autres dans le cadre de la foi musulmane, dans le cadre de la réligion de déposer les armes, de venir à la table de négociation. Parce que, même la religion interdit ce qu’il fait et nous avons applaudi cet appel. Ce qui veut dire que le meeting a fait sien cet appel.

A partir de cet instant, il faut que les uns et les autres se sentent mobilisés et que tout de suite on investisse le terrain pour essayer de trouver une solution durable à ce problème.
Propos recueillis par Boukary Daou



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Vos commentaires
Posté par faucoult, le 27 May 2008 08:18:46 GMT
Bonjour! Moi, je suis sudiste et je vois sous un autre angle le
problème du nord. Nous évoluons vers un mouvement indépendantiste (Grand
Sahara?). Cessons de dire "bandits". Ce sont des "rebelles" avec
diverses revendications qui peuvent se justifier. Le Gouvernement malien
doit changer d'approche et ouvrir intégralement le dialogue "sérieux".
Pas de tricherie. Je pense d'ailleurs qu'il va falloir organiser un
reférendum dans la zone pour donner réellement la parole aux
populations. Nos Etats africains ne sont que des constellations
territoriales sur forcing. Comment accepter d'appartenir à un pays géré
sur fond de corruption, d'arbitraire, d'injustice, de démocratie
tronquée, ...? A bienôt
Répondre à < faucoult >
Posté par soumalen, le 27 May 2008 07:27:41 GMT
Qu'ils soient au Mali où même sous la terre ces bandits apatrites
doivent repondre des crimes commis. Ils ne sont pas au dessus de la
loi.Qu'ils soient arrêté et jugé devant tout le monde car ils ont même
violé l'Acte Fondamental du Mali dans son iviolabilité.
Répondre à < soumalen >
Posté par M. Diagayété, le 27 May 2008 06:03:15 GMT
Pardon de vous avoir mal interpreté! Pour autant, j'étais déjà
longtemps pour un mandat d'arrêt international, car le trio Bahanga,
Fagaga et Hama Ag Sid'Ahmed ne séjourne pas seulement sur le territoire
malien. En tout cas pour ce qui est de Hama Ag Sid'Ahmed c'est connu
qu'il séjourne aussi en France. Je pense que ce trio doit
inconditionnellement déposer les armes et après la justice et
l'humanitaire devraient s'occuper d'eux. Ou bien il y a t-il des
raisons dans le droit international qui empêchent de lancer un mandat
d'arrêt international? Cordialement M. Diagayété

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