lundi 28 avril 2008

Flambée des prix : Crise dans la filière avicole

Flambée des prix : Crise dans la filière avicole
Flambée des prix : Crise dans la filière avicole
27 April, 2008 02:00:00 Le-Republicain
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image Un marché à vollaile au district de Bamako

La flambée des prix, l’inadéquation des équipements, l’introduction frauduleuse de poulets congelées et l’absence d’une stratégie politique de développement sont entre autres les difficultés que traverse la filière avicole.

L’aviculture est une activité socioéconomique importante du fait de son implication dans les transactions commerciales. Le cheptel est estimé à près de 26 millions de sujets. En terme de contribution dans l’économie du pays, l’analyse des flux commerciaux enregistrés au niveau de 32 marchés dans la zone d’intervention du Projet d’appui au développement de l’aviculture au Mali (PDAM) a permis d’estimer ceci à près de six millions et demi de sujets vendus sur un total de 7 millions présentés sur l’ensemble de ces marchés, ce qui correspond environ à 5 milliards de FCFA.

Malgré cette grande capacité de contribution dans l’économie nationale, le secteur de l’aviculture traverse une crise sévère depuis 2005. Suite à l’hivernage calamiteux de 2004, notre pays a connu une crise alimentaire. Le maïs, aliment de base de la volaille, a été vendu à plus de 200 F CFA le kilo.

Un léger redressement du secteur a pu être observé en 2007 et s’est traduit par un renouvellement des effets néanmoins perturbé par la suspension temporaire des importations de poussins et d’œufs à couver (OAC) de France.

La situation de l’aviculture est fragilisée et les mauvaises perspectives pour l’année 2008 ne feront qu’aggraver la situation.

En effet, le coût de l’aliment volaille risque cette année de battre tous les records suite au renchérissement du coût de tous les ingrédients, en particulier du maïs et du tourteau de coton.

La filière avicole n’est pas compétitive dans la sous région par rapport à certains pays comme le Sénégal, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana, même si notre pays dispose de nombreux atouts en termes d’ingrédients alimentaires.

Cette situation s’explique par l’inadéquation des équipements et matériels d’élevage, toute chose qui entraîne un retard de croissance et une forte mortalité de l’ordre de 12%. Le poussin chair d’un jour coûte au Mali entre 650et 750 FCFA. L’introduction frauduleuse ou autorisée de poulets congelée dans les marchés de la sous région constitue une menace réelle pour la survie de ce secteur.

Cela est illustré par le volume des importations de produits avicoles. En 2004, il a été importé au Mali 255 074 poussins de ponte, 119 944 poussins de chair, 383 040 oeufs fécondes et 9 362 coquelets. Ce qui s’est traduit par une exportation de devises de l’ordre de 500 millions FCFA.

Le développement de la filière avicole nationale est largement tributaire de l’extérieur à cause de la faible capacité de production du maillon industriel.

Les propositions faites par les aviculteurs, lors de la visite de la ministre de l’élevage et de la pêche le mois dernier dans certaines exploitations, passent par la modernisation des infrastructures pour l’amélioration de la rentabilité des exploitations. Cela passe aussi par la création de fermes se rapprochant des normes internationales, l’accompagnement des promoteurs par l’octroi de crédits directs ou indirects, enfin une exonération totale des droits et taxes à l’importation des infrastructures et matériels.


Nouhoum Dicko

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