jeudi 27 décembre 2007

Ghana 2008 : la CAN des affaires ?

Sports
Ghana 2008 : la CAN des affaires ?
L'Essor, 27/12/2007 Commentaires [ 1 ] E-mail Imprimer

Le pays Ashanti attend plus d'un million de visiteurs pour la fête du football continental.

Une bonne occasion pour les opérateurs économiques locaux de faire fructifier leurs affaires.
Quelles impressions ou images peut-on retenir du Ghana, à quelques semaines du coup d'envoi de la CAN 2008 ? Les plages de sable blanc bordées de cocotiers, les panneaux souhaitant la bienvenue aux invités de la fête du football africain ou encore les maisons en bois, les plantations d'ananas ou de bananes qui jonchent les grands artères du pays ?

Tout cela laisse indifférent les délégations des pays engagés dans la conquête du trophée de la 26è CAN. Il est quasi impossible pour ces émissaires d'apprécier les aspects touristiques ou culturels du pays Ashanti en cette période de pré- CAN. En fait, la plupart des visiteurs du Ghana font face à un même casse-tête ! L'aspect compétition de la CAN, ne semble pas emballer les populations, qui n'ont d'yeux que pour leurs "Étoiles noires", (les Blacks stars). Les bonnes professions de foi proférées ça et là par les organisateurs locaux tranchent avec le déficit d'implication pratique des populations locales. Cette CAN du Ghana, troisième de l'histoire du pays Ashanti, est d'abord celle des privés nationaux et les autorités des villes sites.

Les retombées financières de la compétition ayant pris le pas sur l'hospitalité, les invités de la 26è CAN risquent d'être profondément déçus de leur voyage au Ghana. Autrement dit, la grande fête du football continental risque de devenir un rendez- vous du business pour le pays hôte, notamment les opérateurs privés locaux et les municipalités des villes sites. "Nous attendons plus d'un million de visiteurs. C'est une occasion inouïe pour faire de bonnes affaires. Tout le monde réfléchit en terme de retombées économiques. Les responsables nous ont même conseillés de prendre des dispositions pour rentabiliser nos affaires", se réjouit Gifty Kafui, responsable d'un atelier de sérigraphie, en pleine confection des tee-shirts et de petits drapeaux des différents pays participant.

Les prix des produits ont pris l'ascenseur (35% de hausse), provoquant ainsi la colère des associations de consommateurs qui ont organisé une manifestation contre la vie chère. "Ils sont en train de réfléchir comment monnayer l'air que nous respirerons pendant la CAN. Le vrai problème, est que le Cocan n'est responsable de rien. Ce sont les mairies et les opérateurs privés qui gèrent tous les aspects d'hébergement, de transport de cette compétition", critiquera un responsable béninois, très remonté contre les organisateurs.

Vrai ou faux, en tout cas, il est difficile voire impossible de trouver un interlocuteur du côté des organisateurs ghanéens. Ici, on déclare ne pas savoir ou on fait mine de chercher la solution et finalement, on vous donne des numéros de téléphone de telle ou telle personne. "J'ai appris que deux délégations ont retenu des hôtels près du stade de compétition à Sekondi. Une chose est sûre, le comité d'organisation a, sur instruction de la CAF, choisi un hôtel pour les quatre équipes du groupe B. C'est le Golden Beach hôtel de Elmina. Si certains ont choisi d'aller ailleurs, cela ne nous engage en rien. Toutes nos actions de sécurité, d'hébergement et nourriture ainsi que de transport en faveur des équipes seront concentrées sur celles basées à Elmina.

Nous avons élaboré tous nos plannings autour de cet hôtel. C'est même un faux problème pour les délégations qui sont entièrement prises en charge par l'organisation. Sachez que le Ghana est prêt pour donner le coup d'envoi de cette compétition. Une inspection de la CAF est d'ailleurs chez nous présentement. Ces responsables se disent satisfaits de l'organisation mise en place", affirme malgré tout le président du Comité d'organisation de la CAN, Magnas Rex Danquah.

La délégation malienne conduite par le directeur national adjoint des sports Boubacar Traoré et comprenant le sélectionneur national Jean-François Jodar, son adjoint Amadou Pathé Diallo, l'intendant général de la Fédération malienne de football, Sadia Cissé, le directeur régional de la Police de Bamako, le Colonel Boubacar Diouf et les représentants des supporters et de la presse, a pu mesurer aux côtés de notre Ambassadeur au Ghana, Mohamed Mahmoud Ben Labat, la complexité et la subtilité des questions d'organisation. Depuis la cérémonie de tirage, le diplomate malien et sa troupe composée des responsables du haut conseil des Maliens du Ghana, des membres du consulat honoraire et même des responsables de la communauté nigérienne, n'ont cessé de multiplier les initiatives pour assurer un meilleur séjour aux Aigles et à leurs accompagnateurs.

"On a toujours la main sur le coeur avec ces gens. Mais la parole donnée ne sert à rien pour eux. On a beau leur invoquer l'histoire de la fédération Ghana-Guinée-Mali et réaffirmer l'engagement de l'état, les opérateurs locaux n'en ont cure. Ils ne connaissent que le langage de l'argent. Aucune promesse ne doit être considérée comme acquis. Il faut tout simplement solder les engagements, au risque de voir les partenaires ghanéens faire machine arrière", dira le diplomate malien.

Partout c'est la surenchère. Les guest houses "pensionnats", à Sekondi, Elmina et Takoradi, qui offraient des chambres entre 30 à 40 dollars (environ 15 à 20.000 F cfa) affichent aujourd'hui des tarifs oscillant entre 95 et 120 dollars (environ 47.500 à 60.000F cfa). Pour appâter les visiteurs, les promoteurs jurent la main sur le coeur que d'autres clients potentiels avaient atteint un prix supérieur. Seuls les "bigs brothers" appellation commune des Nigérians, bénéficient des faveurs des municipalités et des opérateurs privés locaux. "Les Ivoiriens sont venus négocier, nous sommes convenus sur des prix. C'est tout, cela ne veut pas dire que nous respecterons ces engagements même en cas d'offre supérieur. C'est le business et dans les affaires tout est possible", clame un responsable de l'hôtel Takoradi beach, retenu pour l'instant par la Côte d'Ivoire.

En sa qualité de doyen du corps diplomatique, l'Ambassadeur du Mali Mohamed Mahmoud Ben Labat joue également le rôle de représentant des pays qualifiés qui n'ont pas de représentations diplomatiques au Ghana. Ces pays ont pour nom : Cameroun, Zambie, Tunisie et Soudan. La communauté malienne au Ghana elle, met un point d'honneur pour gagner le pari de l'accueil, l'hébergement et la bonne participation des Aigles à cette CAN. Nos compatriotes installés à Sekondi et Takoradi ont même promis trois boeufs et une enveloppe de 600.000 F cfa, soit 11 millions d'anciens cédis ghanéens, à la délégation sportive.

Envoyé spécial
M. N. TRAORÉ
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Vos commentaires
Posté par Diediecha, le 27 Dec 2007 02:09:36 GMT
La Can au Mali (Le djatiguiya malien )ne serait jamais un exemple pour
les autres nations.Le comportement d un Koffi ou d un Kodjo
restera toujours echangeable.Donc oublions le cote Djatiguiya malien et
revenons a la realite de la vie du pays hote.Donc aux pays qualifier
comme le Mali n allez jamais au Ghana les mains vident
Répondre à < Diediecha >

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