dimanche 30 décembre 2007

Colonie française du Tchad : Exfiltration autoritaire des six Français condamnés pour tentative d’enlèvement d’enfants

Dimanche 30 décembre 2007
Colonie française du Tchad : Exfiltration autoritaire des six Français condamnés pour tentative d’enlèvement d’enfants
Colonie française du Tchad : Exfiltration autoritaire des six Français condamnés pour tentative d’enlèvement d’enfants

28/12/2007

Le rideau s’est finalement levé sur le leurre qui se jouait entre Abéché, N’djamena au Tchad et Paris depuis le 25 novembre, sur fond d’affaire dite Arche de Zoé. Suite à l’interception in extremis ce jour-là par les autorités tchadiennes de neufs français qui avaient mis en œuvre une opération d’enlèvement d’enfants tchadiens en vue, apparemment de les faire adopter en France au titre d’orphelins du Darfour, après une sanction clémente et une absolution commandée de «journalistes», les Français condamnés ont regagné leur pays le 28 décembre 2007. Le lendemain de leur condamnation à huit ans de travaux forcés, alors qu’ils encouraient des peines se fixant entre cinq et vingt ans. Comme l’avait promis le président Sarkozy qui ne s’était embarrassé d’aucune préséance diplomatique en affirmant que «même s’ils ont fait quelque chose de mal» les Français reviendraient en France, disant autrement le privilège d’être français en Afrique. Traduisons notamment la supériorité de la nationalité française en Afrique sur les lois locales.

L’opération hautaine et autoritaire a consisté à demander officiellement le transfèrement des Français condamnés en France le jour même de leur condamnation par la justice tchadienne qui s’est empressée on ne sait (?) pour quelles raisons de s’exécuter. Disparus les donneurs de leçons qui tancent les Africains incapables de respecter les lois, incapables de faire autre chose que des arrangements sur le dos des procédures légales, rationnelles, démocratiques. Disparus les haut-parleurs qui prêchent la séparation des pouvoirs, et même les simulacres ridicules de la défense des membres de l’expédition qui tenta d’enlever des enfants africains on ne sait à quelle fin. Tout cela a été balayé par une grossière opération fleurant bon des godillots et les pratiques du protectorat français du Soudan.

Il ne peut s’agir de transfèrement comme disent et essaient d’accréditer les médias racistes en ce sens qu’ils conçoivent et véhiculent l’imbécillité intellectuelle et démocratique d’une justice pour les Blancs et une pour les Noirs. Le transfèrement est un changement de lieu d’emprisonnement et implicitement suppose que la peine en sa nature et son exécution soit la même. A l’instar des transferts pour raisons diverses (sécurité, risque d’évasion, …) de détenus d’une prison à un centre carcéral jugé plus approprié. Les médias mentent effrontément et sans contradiction, il ne s’agit que victimes nègres, enfants et parents douteux, pis nègres d’Afrique, d’un pays pauvre et co-administré par la douce et humaniste France…

Il ne peut s’agir dans cette opération pseudo judiciaire d’extradition puisque comme le rappelait le juriste Armand Adotevi «Aux termes de l’article 49 C de l’Accord en matière judiciaire, il est précisé ce que ci-après : « … l’extradition est refusée … -c) Si les infractions ont été commises en tout ou partie sur le territoire de l’État requis … ».Nul ne pouvant valablement arguer de ce que l’infraction n’a pas été commise en tout ou partie sur le territoire Tchadien, la demande de la Partie État Française à l’Accord ne pourra prospérer.»
Il ne saurait y avoir d’extradition sous le couvert de l’Accord judiciaire de 1976. Quelle base légale a donc servi au faux «transfèrement» des six condamnés français du Tchad ? Une seule, le rapport de type colonial qui lie l’ancienne puissance tutélaire à un Etat qu’elle n’a cessé de manipuler et gérer en fonction de ses intérêts depuis quarante ans. La France a décidé que les Français seraient sortis du Tchad quels que fussent leurs faits, méfaits et crimes, le Tchad, petite province exotique s’est exécuté. On ne parle plus de souveraineté, au lieu de farce, de plaisanterie qui n’en fini plus de durer.
Le signal est limpide. A l’instar de milliers d’affaires de nature criminelle impliquant des Français en Afrique, pédophilie, prostitutions hétérosexuelles et viols homosexuels, le principe demeure de l’intouchabilité des Blancs en Afrique (ex-) colonisée, sauf exception. La médiatisation de l’Affaire dite Arche de Zoé sur des aspects qui évitaient soigneusement les questions gênantes telles que les soutiens hauts placés voire enracinés dans l’industrie pharmaceutique -confère nos articles précédents- de ces «travailleurs humanitaires» un peu spéciaux ont été d’un commun accord entre la puissance tutélaire et sa colonie évacués.

Aurait-il pu en aller différemment quand on sait que le régime tchadien de M. Deby ne tient que grâce à l’appui militaire et en forces spéciales de la Françafrique qui l’avait installé au pouvoir à la fin 90, contre l’ancien homme de la France Hissein Habré ? Régime abreuvé de pétrole qui s’éternise d’élections imaginaires en tripatouillage de la constitution, la Françafrique avait pour seule contrainte à canaliser la colère populaire, les réactions anti-françaises et dans une certaine mesure les opérations humanitaires au Darfour, relevant elles aussi de la géopolitique. En offrant aux politiques tchadiens de jouer momentanément leur partition sur la souveraineté de la justice et en faisant miroiter à des familles financièrement exsangues la promesse de plus de 60 000 euros la pilule s’est transformée en opportunité. Le sol africain reste ainsi lieu de viol, de vol, de prédation consacrée et chacun le saura. Les grands humanistes, les écorchés de l’Etat de droit avalent leurs cuillères et vont à la soupe, dans l’ouverture à tout rompre... Aux Africains et aux nègres du monde de tirer les leçons qui s’imposent.


Lire nos précédents articles :

- Tentative d’enlèvement de 103 Enfants Africains : Peine clémente en attendant les arrangements …
- La France et la fable des droits de l’homme, Par Armand Adotevi
- Le député tchadien Ngarléjy Yorongar interpelle le président Nicolas Sarkozy : Qu’y a t-il derrière l’Affaire Arche de Zoé
- Tentative d’enlèvement de 103 enfants africains : Afrique empire colonial perpétuel ? par Armand Adotevi
- Colonie française du Tchad : Retour cavalier des Européens impliqués dans le trafic de 103 enfants
- Tchad : 103 enfants africains victimes d’une tentative d’enlèvement par la Françafrique humanitaire
Afrikara

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