mercredi 28 novembre 2007

Zine El Abidine Ben Ali: L’héritier du parti destourien

Soir de Bamako
Zine El Abidine Ben Ali: L’héritier du parti destourien

En application de l’Article de la Constitution tunisienne, le Premier ministre Zine El Abidine Ben Ali succède au fondateur du parti “Néo Destour”, le Président Habib Bourguiba, est déclaré dans l’impossibilité de continuer à assumer ses fonctions. La Tunisie entre ainsi de plein pied dans l’avènement d’une nouvelle ère sociopolitique.

L’initié précoce

Zine El Abidine Ben Ali naît le 3 septembre 1936 à Hamman-Sousse, une petite bourgade de la côte méditerranéenne sise à quelques kilomètres... de Sousse, la troisième ville du pays. Au cours de ses études secondaires, il participe activement non seulement à la lutte contre le régime colonial français, en assurant la liaison entre les structures régionales du parti “Néo Destour”, mais aussi à la résistance armée. Ce qui lui vaudra d’être renvoyé de tous les établissements scolaires. Mais zine El Abidine n’abandonne pas pour autant ses études qu’il reprend. Il fait suffisamment montre d’énergie en entreprenant des études supérieures, après le lycée.

De hautes études

Compte tenu de son engagement politique, le parti destourien décide d’envoyer Zine El Abidine en France. Il sera ainsi l’une des premières élites du pays qui formeront plus tard le noyau de la future Armée nationale.
En France, il est accueilli par la prestigieuse l’Ecole Spéciale Inter-Armes de Saint Cyr, où il obtient son diplôme. Sur sa déterminante lancée, il accumule d’autres diplômes dans des écoles militaires tout aussi prestigieuses: l’Ecole d’Artillerie de Châlon-Sur-Marne, en France, l’Ecole supérieure de Renseignement et de Sécurité à Fort Holabird, dans le Maryland (Etats Unis), l’Ecole d’Artillerie de campagne anti-aérienne à Fort Bliss, dans l’Etat du Texas (toujours aux Etats Unis) où il décroche aussi un diplôme d’ingénieur électronicien.

Un baroudeur de postes

Encore jeune officier d’Etat-Major, il crée la Direction de la Sécurité militaire en 1964. Ensuite, il l’organise et la dirige pendant dix ans. En 1974, il rejoint Rabat (Capitale du Maroc) après avoir été nommé Attaché militaire de l’armée navale et de l’Air au Maroc et en Espagne.

Après un bref passage au cabinet du ministère tunisien de la Défense en Décembre 1977, il est nommé directeur général de la Sûreté nationale. En mai 1980, il est nommé Ambassadeur à Varsovie (capitale de la Pologne).

En Janvier 1984, il est de nouveau appelé à la tête de la Sûreté nationale. Neuf mois plus tard, soit le 29 Octobre 1984, il est nommé Secrétaire d’Etat à la Sûreté nationale, et le 23 octobre 1985, ministre de la Sûreté nationale.

Le 16 mai 1987, il est élevé au rang de ministre d’Etat chargé de l’Intérieur. Et le 2 Octobre 1987, il est nommé Premier ministre, tout en conservant son portefeuille de ministre de l’Intérieur.

L’apothéose politique

Dès lors, le Premier ministre Zine El Abidine Ben Ali prend en main le destin d’un pays en crise. Il entreprend aussitôt de décrisper le climat social tunisien pendant longtemps affecté par des tensions politiques, en nouant des contacts avec les partis d’opposition et la Ligne tunisienne des Droits de l’Homme.

Il multiplie les gestes d’apaisement et oeuvre à rétablir la confiance. Le 7 novembre 1987, le vieux Président Habib Bourguiba est déclaré inapte à assumer ses fonctions, sur la foi d’un rapport médical établi par ses sept médecins habituels.

Aux dires de certains Tunisiens, jusqu’à sa mort, le vieux fondateur du “Néo Destour” ne s’est jamais rendu compte... qu’il n’est plus au pouvoir. C’est qu’il aurait été toujours traité comme un Chef d’Etat, bien que sa sénilité l’eut empêché de discerner la simulation de la réalité.

Cette marque d’égard est due à la célèbre place que Habib Bourguiba a occupée et sur la scène politique tunisienne, et dans le concert des Nations. Cette marque d’égard, l’ancien Président tunisien le doit surtout à son fidèle successeur, Zine El Abidine Ben Ali.

La Déclaration du 7 novembre, initiée par Zine El Abidine, exprime les aspirations profondes du peuple tunisien à la dignité, la liberté et la démocratie. Au cours des élections présidentielle et législatives anticipées, tenues le 2 avril 1980, il est élu Président de la République à une écrasante majorité.

Aussi, pour son action en faveur de la promotion des principes de liberté, de droits humanitaires et de démocratie, il lui sera décerné le prix international Louise Michel et la médaille d’honneur de l’Institut international du Droit humanitaire.

Aujourd’hui Président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD), ce père de famille de 5 enfants (en 1993) est aussi l’authentique héritier de la nouvelle version du Néo Destour, le Parti Socialiste Destourien (PSP).

Oumar DIAWARA

26 novembre 2007.

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