mercredi 28 novembre 2007

Oumar Mariko, S.g du parti Sadi: La fin d’une époque

Soir de Bamako
Oumar Mariko, S.g du parti Sadi: La fin d’une époque

“Chaque chose a son temps et une fin”, dit l’adage. Et l’autre, de renchérir : “autres temps, autres choses”. Autant d’assertions qui conviennent parfaitement au secrétaire général du parti SADI, le Dr Oumar Mariko. En effet, cet ex-étudiant de l’école de Médecine, entré par effraction dans la vie politique, s’achemine inexorablement, non pas seulement vers le commencement de la fin, mais se rue droit sur une fin de carrière politique.

Depuis l’assassinat du responsable SADI de Niono, Youssouf Dembélé dit “Kolodougou Planteur”, Oumar Mariko n’a cessé de clamer non seulement haut et fort, mais mordicus que cet assassinat est politique. Depuis lors, il s’était permis bien des coups -de pied comme de gueule- pour discréditer le pouvoir en place, et plus précisement, l’ancien allié et compagnon, Alpha Djénépo, dont le seul tort est d’avoir quitté ses anciens camarades du parti SADI.

Rappel des faits

Youssouf Dembélé, alias “Kolodougou Planteur”, a été retrouvé mort dans son champ, à Niono. Sans chercher à en comprendre la ou les causes, les responsables du parti SADI ont tout de suite assimilé cette mort à un assassinat politique.

Selon le secrétaire général, Oumar Mariko, Youssouf Dembélé était devenu gênant pour les responsables de l’Office du Niger. Et que le défunt détenait des preuves compromettantes qu’il entendait divulguer au Vérificateur général.

Du coup, Alpha Djénépo sera accusé, par un certain Hamidou Fomba dit “Benké”, d’être le meurtrier. Mais après enquêtes et témoignages, il ressort que Alpha Djénépo n’est ni de près, ni de loin, impliqué dans l’assassinat de Kolodougou planteur. Ce qui relança de plus belle les enquêtes.

Coup de théâtre

La libération de Alpha Djénépo entraîna vite une révolte des responsables du parti SADI, avec, à leur tête, son président, Oumar Mariko. Et comme on peut l’imaginer, ce fut le début d’une campagne faite d’insultes, de dénigrements, de calomnies, de médisances et de diffamations. Mais tel un coup de semonce, la vérité a fini par éclater, lorsque le propre fils de “Kolodougou Planteur” a battu en brèche les propos accusateurs de Oumar Mariko, jugés mensongers et qui, du coup, s’effondrèrent tels des châteaux de cartes.

En effet, ledit fils, Ousmane Dembélé, a déclaré être l’assassin de son propre géniteur, au motif que son père dilapidait le patrimoine foncier familial à des fins de jouissance personnelle et au profit du parti SADI, alors que sa famille croupissait sous le poids de la misère. Aussi, c’est fort de ces preuves convaincantes que le juge a finalement décidé de libérer Alpha Djénépo.

La fin d’une époque d’un homme politique turbulent

L’on comprend donc pourquoi Oumar Mariko et ses inconditionnels en veulent aujourd’hui à Alpha Djénépo. En effet, aux dires de ce dernier, il ressort que l’ancien leader estudiantin, reconverti en politique depuis 1991, a juré d’avoir la peau de celui qui a osé le défier dans son fief de Niono.

“Sachant que je sais tout de lui, il a juré, depuis mon départ de SADI, qu’il mettra tout en oeuvre pour me mettre en prison, afin que je ne puisse rien dire sur lui. Il croyait arriver à ses fins, avec cette affaire de l’assassinat de Kolodougou planteur. Mais je dis qu’il vient d’échouer à ses dépens. Qu’il sache que Dieu est là pour protéger tout le monde”, a déclaré Alpha Djénépo.

Avec cette affaire d’assassinat, le peuple malien est en train d’être réellement édifié sur la véritable personnalité du docteur du SADI, Oumar Mariko. En effet, celui qui fut pourtant le secrétaire général de l’AEEM en 1991 ne lutte plus aujourd’hui que pour ses intérêts personnels, aux dires de ceux qui ont été outrés par ses accusations gratuites.

Après la chute du régime dictatorial de Moussa Traoré en Mars 1991, le peuple malien, notamment la classe politique, était surpris de voir Oumar Mariko, sièger au CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple).

Depuis ce temps, les intentions inavouées du leader estudiantin de l’époque ont tôt fait d’être cernées, sinon comprises par bien des citoyens et des militants de partis, à commencer par ses propres compagnons. Et ce n’est certes pas son ancien successeur, un certain Issa Mariko, qui dira le contraire.

C’est après toutes ces péripéties estudiantines que l’ancien leader a décidé de faire la politique, en créant son propre parti, le SADI. Mais face aux difficultés de son intégration politique à Bamako, Oumar Mariko -en homme “doué dans l’art de la manipulation” - aurait décidé d’aller implanter le parti à Niono.

La ville de Niono, comme on le sait, est essentiellement agro-pastorale. Mariko serait ainsi parvenu à “manipuler” à sa guise les paysans de la zone de l’Office du Niger. Selon Alpha Djénépo, “Oumar Mariko fait croire aux paysans qu’il est le tombeur de Moussa Traoré ; il se croit comme le père de la révolution de mars 1991. Pire, il se comporte en messager des pauvres, alors qu’il ne fait que sucer le sang de ces pauvres populations en leur soutirant de l’argent, sous prétexte qu’il va les aider à rentrer dans leurs droits.”

En plus de ses discours populistes et son comportement que certains jugent “déloyal”, Oumar Mariko est également soupçonné, chaque fois qu’il voyage dans le Kala profond, en zone Office du Niger, d’inciter les paysans à ne pas payer les redevances eau et autres droits de l’Etat.

Selon nos sources, il est même allé jusqu’à promettre aux agriculteurs de diminuer les prix des intrants agricoles, en clamant que l’Etat ne fait rien, et que les populations ne doivent pas se fier aux promesses des autorités politiques. Mais en fait, Oumar Mariko ne ferait que susciter le mécontentement des paysans et des compressés, rien que pour se faire de la publicité, voire une popularité.

Aussi, bien des Maliens diront du Docteur Oumar Mariko qu’il doit avoir des problèmes... de neurones, ce qui expliquerair son esprit fébrile, face à certaines situations. En tout cas, celui qui était craint en 1991 est aujourd’hui en instance de disgrâce très avancée. Après avoir persisté mordicus dans l’affaire Youssouf Dembélé -un crime politique, selon lui-, il risque Tout simplement de payer, rubis sur ongles, la note salée de ses bévues.

Pire, à force de lancer des accusations aussi fantaisistes, il risque de ne conserver aucun crédit, tant aux yeux des Maliens qu’à ceux de ses collègues députés, voire même au sein de son propre parti. Ne dit-on pas que “tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse” ?

Il est alors peut être temps que les populations concernées, notamment celles de la zone Office du Niger, réalisent que Oumar Mariko ne peut pas régler leurs problèmes, encore moins en trouver les solutions. Si tel est le cas, le parti SADI, qui se déclare national, ne se limiterait pas seulement à Niono, Kolondiéba et en Commune I du district de Bamako. La preuve : le parti ne possède aucun conseiller municipal.

Sadou BOCOUM

28 novembre 2007.

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