lundi 26 novembre 2007

Obsèques de Daouda Tangara : Hommage de la Nation à un juste

Nécrologie
Obsèques de Daouda Tangara : Hommage de la Nation à un juste
L'Essor, 26/11/2007 Commentaires [ 1 ] E-mail Imprimer

Le chef de cabinet du président de la République possédait des compétences techniques et des qualités humaines indéniables.

Tout ce que la République compte de personnalités et une foule nombreuse étaient vendredi après-midi à Faladié pour les obsèques de Daouda Tangara, le chef de cabinet du président de la République décédé le 18 novembre dernier à Paris. Le président de la République, Amadou Toumani Touré et son épouse Mme Touré Lobbo Traoré, le Premier ministre, Modibo Sidibé les membres du gouvernement, les présidents des institutions de la République, les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales, les chefs religieux, les parents et amis du défunt, et une foule d'anonymes, tous étaient là. Ce grand serviteur de l'État aux compétences techniques et qualités humaines reconnues par tous le méritait bien.

L'émotion était à son comble en ce jour saint de vendredi quand le président de la République déclarait. "Monsieur Daouda Tangara, chef de cabinet du président de la République, nous vous faisons officier de l'Ordre national du Mali à titre posthume". Le chef de l'État concrétisait ainsi la reconnaissance du peuple à un valeureux fils du pays qui a consacré toute sa vie au service de la nation.

C'est au secrétaire général adjoint de la présidence qu'est revenu l'honneur de lire l'oraison funèbre. "Chef de cabinet du président de la République, tu fus pour nous un collaborateur, un aîné, un ami, un confident", dira Tiéoulé Mamadou Konaté. "Tu appartiens incontestablement à cette race rare de fidèles serviteurs de l'État. Tu as consacré toute ta vie au service du Mali que tu as aimé et servi avec passion et avec un sens élevé du devoir", poursuivra le secrétaire général adjoint de la présidence, en précisant : "collaborateurs, amis, compagnons, hommes et femmes, autour du président de la République, parents, nous sommes tous unis dans le même chagrin et dans la même tristesse pour t'accompagner en ta dernière demeure".
Tiéoulé Mamadou Konaté n'a pas tari d'éloge pour l'illustre disparu. "C'est tout un symbole qui nous quitte ! Un homme hors du commun ! Un homme d'exception ! Tant étaient immenses ses qualités humaines. Dans la collaboration et dans la compagnonnage, ce sont tes qualités d'homme et de responsable, Daouda, qui ont marqué les cœurs et les esprits, tant dans les différents services de l'administration où tu as servi que dernièrement à la présidence de la République", témoignera-t-il en citant quelques qualités du défunt : rigueur et assiduité dans le travail, expérience et pratique des hommes, compétences administratives avérées, disponibilité dans les rapports humains etc...

Tous ceux qui ont approché Daouda Tangara, des travailleurs subalternes à son service aux supérieurs hiérarchiques, en passant par les parents, amis ou simples connaissances s'accordent sur ses multiples qualités humaines et techniques de l'homme. "Tu as eu une vie de juste... Tu reposeras désormais dans ton sommeil de juste", a apprécié le secrétaire général adjoint de la présidence, Mamadou Tiéoulé Konaté au bord des larmes, la gorge nouée par l'émotion.
Né le 25 décembre en 1947 à Gagna dans le cercle de Djenné, Daouda Tangara fait ses études primaires à l'école fondamentale de sa localité où il obtient son certificat d'études primaires. Il fréquente ensuite l'école fondamentale de Djenné qu'il termine avec le Diplôme d'études fondamentales en 1966.

Il s'inscrit alors à l'École polytechnique de Katibougou et obtient en 1970 un diplôme de technicien supérieur, spécialité économie rurale et coopération agricole. A sa sortie, il est nommé directeur régional adjoint à la direction régionale de la Coopération de Sikasso, cumulativement avec les fonctions de formateur régional.

Mais il n'occupe pas longtemps ce poste, préférant pousser ses études. Il s'envole donc en 1970 pour l'Allemagne et s'inscrit à l'École agronomique de Weimar où il obtient le diplôme d'ingénieur agronome économiste en 1974.
Entre 1976 et 1977, il est professeur vacataire à l'Institut polytechnique rural de Katibougou, occupation qu'il cumule avec ses responsabilités de chef de division des études et de la législation coopératives à la direction nationale de la Coopération.

Il fait à nouveau le choix d'une spécialisation plus poussée et on le retrouve entre 1997 et 1980 aux États-Unis à l'université du New Hampshire où il décroche un Master of science in Agricultural economics.
A son retour au pays, il est nommé chef de la division Coopération technique à la direction nationale de la Coopération. De 1984 à 1987, il est directeur national adjoint de la Coopération chargé de la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de coopération.

En 1987, il est directeur national de l'Action coopérative. Entre 1988 et 1993, il occupe le poste de directeur national de l'Action coopérative et du développement régional et local chargé de la mise en œuvre de la politique en matière de développement coopératif, de développement participatif et de développement régional et local.

En 1989, il a été le chef de la délégation malienne aux négociations de la 2è phase du projet Fonds de développement villageois de Ségou au FIDA à Rome. Un an plus tard, Daouda Tangara conduit la délégation malienne aux négociations de la première phase du Programme de sécurité alimentaires des revenus des populations de la région de Kidal, toujours au FIDA à Rome.

Entre 1995 et 1996, il est conseiller technique à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, avant de devenir le secrétaire général adjoint de cette structure de 1999 à 2000. De 1999 à 2000, il occupe la fonction de coordinateur national du Projet d'appui au système décentralisé du marché agricole (PASIDMA). Depuis juillet 2002, il occupait le poste de chef de cabinet du président de la République.

Daouda Tangara est l'auteur de deux thèses, la première sur "La transformation de la production agricole par l'introduction dans la production animale de méthodes industrielles de production dans les coopératives agricoles ; et la seconde sur "La conception d'un modèle input - output pour une zone agricole au Mali". Homme discret et affable, ce grand serviteur de l'État laisse derrière lui une veuve et deux enfants.

L'illustre défunt repose désormais au cimetière commun à Faladié et à Niamakoro.

M. N. TRAORÉ

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Vos commentaires
Posté par lefeu, le 26 Nov 2007 13:42:54 GMT
Paix a son ame
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