mercredi 28 novembre 2007

Edito: Echec.

Edito : Echec

«Je retournerai à Ndjaména et je ramènerai le reste des nôtres quoi qu’ils aient fait !». C’est en ces termes que le président Sarkozy, après être rentré à Paris avec les journalistes arrêtés à Abéché, s’est adressé à ses compatriotes il y a peu, lorsqu’il s’est agi de l’affaire dite de « l’arche de Zoé ».

On avait nourri le secret espoir qu’ ATT revenu d’Alger, la nouvelle de la libération des otages détenus par Bahanga provoquerait une liesse débordante dans les camps militaires ainsi que dans les familles et au sein de tout peuple maliens. Les Maliens auraient su que le douloureux dossier du Nord est en cours de traitement et connaîtra bientôt un dénouement heureux.

La libération des otages, pour employer la terminologie officielle, la libération donc des prisonniers de guerre, dont les identités sont désormais connues, n’a donc pas eu lieu. Elle aurait apporté la preuve de la bonne foi du chef rebelle, en même temps qu’elle aurait auréolé le voyage retour du président de la République de plus de solennité, avec en prime un air de victoire.

Bahanga a refusé le schéma qu’on lui a soumis, il a refusé sans doute parce que le discours qu’on lui a opposé n’était pas suffisamment porteur, les arguments pas assez convaincants.
En y réfléchissant, politiquement, Bahanga ne dédaignera pas de s’arroger tout le bénéfice de la libération de ses compatriotes. Il voudra sûrement que cela apparaisse comme un gage de sa bonne volonté à lui, en même temps qu’elle assurera son retour dans la République.

Mais « il y a pire qu’échouer, c’est de ne pas essayer » dit-on et pour que l’intention rejoigne l’action il faudrait que le pouvoir renouvelle l’exercice, y implique d’autres parties, réactualise le discours, entreprenne d’autres voyages et d’autres initiatives.

C’est à Koulouba et au nom de notre diplomatie du cœur que les otages allemands du GSPC ont recouvré, il y a seulement deux ans, le sourire et le bonheur de rejoindre leur pays et leurs familles.
Ce qui a été possible, hier, pour nos amis l’est encore plus pour nos frères, aujourd’hui, au nom de la cohésion et de la concorde nationales. Car le Mali et les enfants du Mali ont encore du ressort et de cela personne n’en doute.

S. El Moctar Kounta

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