lundi 26 novembre 2007

Conférence-débat autour de la privatisation de la CMDT samedi au centre Djoliba «Le risque d’un big bang social est réel» selon un spécialiste françai

Privatisations
Conférence-débat autour de la privatisation de la CMDT samedi au centre Djoliba «Le risque d’un big bang social est réel» selon un spécialiste français
L'Indépendant, 26/11/2007 Commentaires [ 3 ] E-mail Imprimer

Le risque social d'une privatisation mal préparée de la CMDT est grand. C'est ce qu'a déclaré, entre autres, Maurice Adevah-Poeuf, à la faveur d'une conférence-débat, organisée par le Cercle de Réflexion "Djoliba" sur le thème "la privatisation de la filière coton au Mali : opportunités ou catastrophe ?". C'était samedi 24 novembre en présence d'un parterre riche de personnalités politiques, de cadres de la CMDT, de chercheurs, d'étudiants etc. Ce Licencié en Lettres, détenteur d'un DESS en géographie économique et président de l'Agence française d'appui aux Collectivités (AFAC), s'est étonné par ailleurs qu'aucun candidat n'ait évoqué ce thème central lors de la présidentielle malienne d'avril 2007 et du manque d'appui de la France au Mali dans ce processus. Parmi les personnalités à intervenir on notera l'ancien président de l'Assemblée Nationale du Mali, Ali Nouhoum Diallo et le Secrétaire Général du RPM, Dr Bokari Téréta.



Pour nous, la réforme du secteur coton diffère de la privation pure de la CMDT. Les Maliens ont tendance à faire la confusion en appréciant la politique économique de l'Etat. Les gens ne pensent à écarter l'Etat dans la gestion d'un secteur que lorsque tout va mal. Dans le processus de réforme, les critères que nous avons retenus pour opérer le choix des sociétés candidates sont très rigoureux. Les sociétés qui ne sont pas de taille ne passeront pas. En tout cas, l'Etat est en train de mettre tout œuvre pour que le processus se passe dans les conditions qui prennent en compte les préoccupations des producteurs de coton", a déclaré Tiénan Coulibaly, représentant de la Cellule nationale pour la restructuration du secteur coton au Mali.



Bokary Téréta de réagir : "La CMDT est en crise. Celle-ci est à deux niveaux : la chute des cours mondiaux et la mauvaise gestion. Le chemin de la privatisation de la CMDT nous conduit à la catastrophe. L'Etat malien n'est pas prêt. Aucune mesure d'accompagnement ne peut être appliquée aujourd'hui. L'Etat doit repousser l'échéance afin de mieux se préparer. Ce qui va lui permettre de sécuriser les investissements des producteurs. Quant aux travailleurs de la CMDT, malgré la volonté de l'Etat de les repartir entre les différentes sociétés qui pre»ndront le relais ou accompagneront le processus, ils courent un grand risque de se voir renvoyer un jour. Pour prévenir ce drame, l'Etat doit élaborer un plan social".



Mohamed Bathily d'enfoncer le clou : "Dans le cadre de leurs rapports avec la CMDT, les paysans maliens sont toujours restés au stage de paysans ouvriers. Ils ne sont jamais associés aux prises de décisions. Les dirigeants de la CMDT qui se sont succédé ont toujours œuvré pour leurs intérêts personnels ou ceux de leurs partis politiques".



Comme pour répondre au représentant de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), qui soutenait que les Maliens ont trop peur de la privatisation, Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l'Assemblée nationale, a souligné, haut et fort, que la privatisation ne fait peur personne. Seulement, l'orateur a appelé le gouvernement à initier des stratégies pour sauvegarder l'intérêt des travailleurs.

Ainsi, a-t-il pris l'exemple sur la crise qui a affecté la CMDT sous la direction de feu Boubacar Sada Sy qui n'a hésité à mettre tout en œuvre pour sauver l'intérêt des travailleurs. "Je crois qu'il faut faire quelque chose pour que la culture du coton ne soit enterrée au Mali" a-t-il laissé entendre.



Maurice Adevah-Poeuf, le conférencier du jour de s'étonner que les candidats à la présidentielle d'avril 2007 n'ont, en aucun moment, mentionné dans leurs discours la privatisation de la filière coton. Ainsi -t-il affirmé : "Je suis étonné de voir que tous les candidats à la présidentielle soient passés à côté de la problématique de la privatisation de la CMDT. Si tous les partis avaient dénoncé cette politique, le FMI et la Banque mondiale n'allaient pas pouvoir imposer quoi que soit sur le Mali. Voilà aujourd'hui, on n'est face à une date butoir".

Il convient de souligner qu'en prélude aux échanges, M. Adevah-Poeuf a entretenu son assistance composée d’hommes politiques, des chercheurs, des étudiants et certains travailleurs de la CMDT.



Dans son allocution, le conférencier a souligné que la CMDT est confrontée à une défaillance organisationnelle, individuelle. S'y ajoutent l'effondrement du marché mondial et la pression des institutions de Bretton Woods notamment la Banque Mondiale et le FMI. "En réalité la France n'a pas soutenu le Mali dans cette affaire. Elle s'est complètement lavé la main" a-t-il laissé entendre.



S'agissant de la réussite de cette opération, le conférencier reste optimiste. Selon lui, le challenge pour le Mali, c'est de réussir la privatisation. Pour cela, il pose des conditions qui sont, entre autres, le maintien au haut niveau de la production malienne, l’accès des producteurs à un crédit élevé, la prise en charge par l’Etat des déficits financiers et une plus grande rigueur chez les cadres de l’entreprise.

En ce qui concerne le schéma de la privatisation, M. Adevah-Poeuf a déclaré qu'il est très séduisant, voire illusoire. Cependant, après une analyse approfondie, l'orateur trouve que le schéma recèle une catastrophe totale.



Primo, le découpage des zones réduit considérablement la rentabilité. Exemple, la zone de Kita ne pourra produire que 40 000 tonnes. Ce qui est très peu pour le ravitaillement d'une société sérieuse.



Secundo, le risque social est grand. Car les sociétés redoutent les mouvements syndicaux et il est difficile pour elles d'employer tout le personnel de la CMDT.

Tertio, il faut un choix éclairé sorti d'une logique économique. A souligner qu'à onze mois de la date butoir du processus, aucune société n'a déposé sa candidature. "La privatisation peut être une réussite à condition qu'on soit pragmatique et que la volonté politique l'accompagne" a-t-il conclu.





Abdoul Karim KONE
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Vos commentaires
Posté par lefeu, le 26 Nov 2007 13:53:35 GMT
Le probleme est ke beaucoup de personnes s'accorde a dire ke la
privatisation n'est pas la solution sans pour autant proposer une
alternative meilleure. La privatisation n'est pas seulement dictee par
les bailleurs de fonds mais aussi par l'etat de la compagnie ki va de
deficit en deficit due a la mauvaise gestion. Sans privatisation il
serait tres difficile d'ameliorer la gestion de cette societe, la
politique et les business ne font pas souvent bon menage et c le cas de
la CMDT.
Répondre à < lefeu >
Posté par foutanke, le 26 Nov 2007 13:13:03 GMT
moi je ne comprends rien . ce n'est pas à cause du dossier CMDT que les
autorités maliennes ont faillit boxer les gens du FMI au risque de tout
compromettre? serait il de guaieté de coeur que le mali va à la
privatisation de la CMDT? ce n'est pas dans une conference qu'on va nous
apporter la solution d'un mal que nous avons deja diagnostiquée .on nous
parle d'election presidentielle pour connaitre l'avis du peuple . c'est
aujourd'hui qu'on va prendre en compte cet avis ? JE DIS NON
Répondre à < foutanke >
Posté par Dongo, le 26 Nov 2007 12:43:56 GMT
Votre article recelle des failles. Le Professeurs Ali N. Diallo a dit
"On pas peur de la privatisation mes des effets de la privatisation" En
outre il exhorte le représentant de MRSC Mr. Coulibaly à intègrer dans
leur reflexion toutes les approches succeptibles de garantir la
perennité de la filière cotonnière. Par ailleurs Mr. Adevah préconise
un délai supplémentaire d'une année pour peaufiner le schéma de
filialisation-privatisation. Pour notre part, nous retenons
singulièrement le manque de vision de notre Etat, de notre classe
politique et sa répresentation parlémentaire de notre socièté civile qui
ne joue pas son rôle de veil et pression. Ce débat aurait dû se tenir
depuis des années et dans l'enceinte du parlement. Il est regretable que
ce soit une voix "étrangère" qui vienne nous dire ce sur quoi doit
porter notre débat national. Comme toujours la voix officielle est en
retard par rapport à l'actualité(les propos de Mr. Coulibaly du MRSC).
Que peut faire le MRSC avec un sénile
Répondre à < Dongo >

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