mercredi 28 novembre 2007

Accidents de la circulation: Halte à l’hécatombe !

Accidents de la circulation: Halte à l’hécatombe !

Les accidents de la circulation avec leur lot de morts et de blessés ne sont pas une fatalité. Et malgré l’état désastreux de nos routes et de nos moyens de locomotion, nous pouvons les réduire considérablement par une volonté politique et un respect du code de la route. C’est la conclusion à laquelle a abouti le débat sur le thème « jeunesse et sécurité routière ».

Selon les statistiques de l’Association malienne pour la sensibilisation, la prévention, la sécurité et l’indemnisation des victimes de la circulation routière (Caprive), la route a fait, entre 2006 et cette année qui s’achève, 9426 morts par suite d’accidents de circulation. Ce chiffre ne prend pas en compte les accidentés qui ont quitté leur lit d’hôpital, mais qui sont décédés ensuite des suites de séquelles.

Au total 17 512 accidents se sont produits sur la route entre 2006 et octobre 2007. Dans le district de Bamako, la route a été particulièrement meurtrière dans toutes les communes, où le nombre des accidents n’a jamais été en dessous de la barre de 500, dépassant d’ailleurs le millier en Commune V.

Cette commune, d’après les statistiques, arrive en tête avec 1380 accidents qui ont fait 659 tués. La même tendance est observée dans les régions. Ce sont les engins à deux roues qui ont fait le plus de morts (5656), suivi des véhicules de transport en commun (1885), des poids lourds (1414). Les véhicules légers ferment ce tableau macabre avec 471 tués.

Les causes de ces accidents sont multiples et selon Caprive elles vont des tranches anarchiques (trous, fentes pour fils ou tuyaux) opérées sur les voies à l’absorption de substances nuisibles (drogue, alcool, etc. qui diminuent les réflexes du conducteur) aux défauts de signalisation, à l’état des routes et des engins, à la faiblesse de la législation.

Pour le président de l’Association, Moussa Bendéka Diabaté « 99 % des Maliens ne savent pas ce qui se passe en matière de sécurité routière », en raison du peu de temps d’antenne et d’espace que les médias publics nationaux accordent à la sécurité routière. Ils sont nombreux les Maliens à penser que dans les accidents de circulation mortels sont une fatalité. Ainsi les auteurs de graves accidents avec mort d’homme ne sont pas blâmés à plus forte raison inquiétés.

La nation tout entière interpellée

Souvent, l’auteur de tel accident se voit confisquer son permis de conduire. Mais il lui suffit de faire une déclaration de perte de permis dans une autre commune pour qu’on lui établisse un duplicata. C’est pourquoi une relecture de toute la législation notamment en ce qui concerne le permis de conduire est souhaitable afin de l’adapter aux réalités de l’heure.

A côté de cette relecture de textes, un véritable changement de comportement de nos agents et aussi de nos conducteurs s’impose. En effet, il est connu de tous que des véhicules en défaillance technique notoire franchissent beaucoup de postes de contrôle pour venir occasionner des morts en pleine ville. Les enquêteurs, qui ne sont autres que les policiers et gendarmes, se rendent seulement compte en ce moment que ce véhicule avait des défaillances.

L’éducation à la maison est également un moyen efficace de prévention des accidents tragiques dont la plupart touche les jeunes. Le commissaire du 2e arrondissement M. Kanté suggère que les parents ne se laissent pas emporter très souvent par leur sentiment.

« En achetant une moto pour votre enfant, soyez sûr qu’il peut, par sa force, tenir cette moto, qu’il connaisse bien le code de la route... » . M. Kanté sait de quoi il parle. L’officier affirme avoir interpellé de jeunes enfants, qui peuvent à peine tenir leur moto debout. Sur le boulevard de l’Indépendance, dimanche aux environs de 2 h, des adolescents font du motocross qui a tué, entre juin 2007 et septembre 2007, 11 personnes et fait 88 blessés.

« Il ne coûte rien d’enfermer à clef dans le magasin la moto de votre fils chaque samedi », conseille le commissaire aux parents. Après une interpellation d’enfants, qui s’adonnaient à cet exercice casse-gueule, mettant leur vie et celle des usagers en danger, leurs parents avaient, en pleurs, sollicité leur libération.

De plus, il est impératif de soutenir les différentes associations qui travaillent dans la recherche la sécurité routière notamment Caprive, l’AEE, etc. Ces associations, par leur travail sur le terrain, ont démontré que l’on peut réduire de moitié, voire atteindre l’objectif zéro accident dans les années à venir si tout le monde - Etat, gouvernement, politique et société civile - s’y emploie.

La réduction du nombre des accidents et leur lot de morts et de blessés est un défi qui s’impose à la nation. Mais sur les 8 candidats à la présidentielle d’avril 2007, aucun n’avait inscrit la question au cœur de ses préoccupations. ATT le fera après une intervention du président de Caprive sur les antennes de RFI déplorant et dénonçant cette attitude de ceux qui sollicitaient le suffrage des Maliens. En tout état de cause, la question n’est pas abordée dans son PDES.

Denis Koné

27 novembre 2007.

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