mercredi 31 octobre 2007

mardi 30 octobre 2007
Nouvelle Rubrique : QUE JUSTICE SOIT FAITE

Sujet : L'attribution des bourses au Niger

S’il y a une question dans laquelle la « mystérieuse énergie de l’Ouest » que craignait Mahamadou Issoufou, a joué un rôle important, c’est bien celui de l’attribution des bourses, donc la formation des cadres.

Depuis les indépendances, combien ont été les bourses nationales, et de coopération mises à la disposition des Nigériens méritants par la France, la Belgique, l’Allemagne, le Canada…le Maroc, l’Algerie, la Libye, la Tunisie… pour ne citer que ceux-là ?

Quelles ont été les conditions d’attributions de ces bourses ?

Quelles ont été les conditions de répartition géographique de ces bourses ?

Quelles sont encore aujourd’hui ces conditions ?

Toutes ces questions méritent d’être posées, car, que sont ces bourses, si ce n’est le moyen par lequel sont formés ou ont été formés les actuels cadres et intellectuels, la machine de production Nationale des élites de demain, l’usine de fabrication des officiers militaires qui font et défont les Républiques (nous en sommes à la 5ème).

Le MNJ pense qu’on doit y réfléchir, car ce fut le principal instrument de mise en place d’un système machiavélique, par lequel des cadres qui à l’époque des indépendances n’avaient que des Certificat d’enseignement primaire, ont favorisé principalement deux ethnies par la formation massive de leurs enfants, laissant en marge ceux qu’ils ont voulu appeler des « minorités » qui ne voyaient pratiquement jamais ces voies de formation de qualité qu’offraient des pays amis comme la France.

Résultat des courses, on est dans un Pays où ces cadres tiennent toutes les clés du pouvoir, en prétextant les compétences, les diplômes, et continuent à ce jour de brandir la carotte et le bâton, à ceux des autres groupes qui forment notre Nation, et parler en même temps d’Egalité, de Travail, et de Fraternité. Le Progrès quant à lui n’est réservé qu’à leurs proches.

Ce sujet est d’autant plus important que nous sommes à la rentrée scolaire, et beaucoup de parents ont porté leurs espoirs de voir leurs enfants nouveaux bacheliers quitter le pays et aller étudier, à travers une utopique attribution de bourses, alors que certains enfants quant à eux, « fils à papa », frère d’officiers, neveux de ministres, cousins de directeurs, ont déjà obtenu leur titre de séjour dans un Pays occidental ou maghrébin où ils ont déjà entamé l’année scolaire, avec à la clé une bourse qui a échappé à l’attention des Nigériens, une bourse qui a déjà formé leurs mêmes aînés, ceux qui leurs ont trouvé la bourse.

Au moment où la majorité des familles ce sont inquiété de la validité de l’année scolaire, d’autres enfants ont été envoyés dans d’autres pays voisins, afin que leur « année ne soit pas perturbée », et qu’ils reviennent au bout de 04 ans avec une maîtrise alors même que les meilleurs des élèves avec lesquels ils ont fréquenté le Lycée, ceux qui étaient « premiers de la classe », sont encore en première ou mieux, en deuxième année d’Université Abdoulmoumoi Dioffo.

Nous ouvrons ce Chapitre consacré à l’attribution des bourses, car nous vous donnerons au fur et mesure, des preuves de ce qui est dit, des enfants qui ont été formés, ou qui sont en voie de l’être à l’aide des bourses qu’on entend jamais, les bourse « fac » (pour designer les bourses du Fond d’Aide et de Coopération Française, Canadienne ou autre).

Vous l’aurez certainement remarqué, pour ceux qui ont eu à faire avec le Ministère de l’Enseignement « Supérieur » (d’ailleurs ont comprend que Supérieur veut designer les Nigériens qui sont Supérieurs aux communs des Nigériens), qu’on n’affiche JAMAIS la liste des étudiants ayant obtenu la bourse « fac ». Mais c’est normal, c’est une bourse « réservée », et acquise d’office du moment qu’on soit d’abord d’une certaine Ethnie, et ensuite de certaines familles, deux conditions qu’il est difficile, sinon impossible de réunir pour un pauvre bachelier venant de Illela, Tera, Bilma, Ingall, Agadez….

Et c’est tout à fait normal quand on sait comment a été mis en place ce système « ethnocentrique », régionaliste, de comprendre aussi que certaines ethnies ont tout naturellement été écartées des reines du pouvoir, accusées de « réfractaires au progrès » pour certaines, d’ « irrédentistes » pour d’autres ou encore de « paresseuses ».

L’Usine de production de cadres continue à tourner, car chaque année des centaines de Nigériens issus de cette sensibilité, sont formés, pendant que les autres même s’ils ont la volonté, ne peuvent pas aller plus loin que Haro-Banda (Université de Niamey), où pour certaines formations scientifiques, à peine une dizaine d’étudiants sont admis par année!

D’un côté on ralentit l’Usine locale de production de cadres, de l’autre (de l’extérieur) on accélère la cadence, et on veut ensuite que tous les Nigériens soient égaux !

C’est l’occasion de dire deux mots sur l’UAMD (Université de Niamey). Comment peut-on imaginer, que dans un Pays tel que le Niger, sous-développé, sous instruit, qu’on admette que seulement une dizaine voir une quinzaine d’étudiants sont admis en classe supérieure de MP (Maths Physique) par année, soit à peine 8% ?

Est-ce les étudiants qui ont un niveau très faible, où les profs qui ont un problème de transmission de connaissance ?

Et pourtant dans la sous région, le taux est multiplié par 10 !

Oui, on pose le problème, même si l’UADM est une institution autonome, ce qu’on ne remet pas en cause.

Enfin de compte, le Nigérien ordinaire, est ramené toujours à n’espérer que la bourse nationale, ou avec beaucoup de chance, la bourse maghrébine.

Nous pensons que désormais on ne doit plus cacher les bourses qui sont mises à la disposition des Nigériens.

Qu’on doit publier les conditions d’attributions, et les candidats retenus, avec leurs mérites, afin que les Nigériens soient informés des injustices commises en coulisse.

Ensuite permettre à toutes les régions d’acquérir des bourses pour leurs ressortissants, par la décentralisation de l’attribution des bourses.

Pour revenir à nos moutons, nous allons vous donner quelques chiffres concernant l’attribution des bourses 1994 pour un Lycée (le Lycée Tegama d’Agadez) dont un des professeur ayant constaté cette Injustice nous a transmis les données, afin de vous éclairer sur ce mal qui nuit à l’Unité Nationale. Nous appelons tous les autres lycées à en faire de même.


Le mouvement

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